Définition
&
Stratégie
La Franche-Comté et la Microtechnique. C’est d’abord une longue
histoire, devenue réalité solidement ancrée, et qui peut servir
aujourd’hui de base inestimable pour conquérir l’avenir.
La Franche Comté et la microtechnique, c’est l’histoire de l’horlogerie,
forte sur l’Arc Jurassien aux 19 et 20ème siècle, d’un côté et de
l’autre de la frontière Suisse. Une Industrie qui a su se reconvertir
après les années 70 en mécanique de précision, puis en micromécanique,
pour s’imposer dans les métiers des microtechniques et des nanotechnologies.
Aujourd’hui la Franche Comté est terre de concentration. Elle
possède en France la plus forte densité de savoirs-faires, de recherches
et de formations liée aux microtechniques. Elle concentre surtout
les volontés, les énergies, les synergies les plus fortes pour devenir
un vrai pôle de compétitivité des Microtechniques.
Dans ce monde engagé dans une course à la miniaturisation, où les
automobiles concentrent les intelligences, où les processeurs s’intègrent
au vivant, où l’homme se soigne et travaille à grand renfort d’éléments
portés, la Franche Comté a besoin d’un saut qualitatif et quantitatif
pour jouer ce rôle légitime de « vallée de la microtechnique » de
notoriété mondiale.
C’est là l’intuition, l’ambition et la force de
tous les porteurs de projets qui ont contribué à ce dossier.
Stratégie et objectifs
Une posture gagnante des acteurs des microtechniques
:
jouer collectif, faire face aux défis et réussir ensemble la mutation
Une philosophie de l'action collective
Dans un contexte de compétition accrue, marquée par l'émergence
de nouveaux acteurs internationaux à fort dynamisme et pour pouvoir
résister aux menaces, innover technologiquement, conquérir ou reconquérir
les marchés, le Pôle des microtechniques propose une philosophie
de l'action collective :
agir avec une plus grande concertation et en pleine synergie, adopter
une stratégie partagée gagnante et rendre possible une plus grande
solidarité entre entreprises, laboratoires de recherche, centres
de transfert et centres de formation,
simplement… gagner ensemble.
Concrètement
- Soutenir la mutualisation et la synergie entre les entreprises
de la filière, associer aux projets du Pôle des microtechniques
les divers producteurs de matériaux, pièces, composants, systèmes,
équipements de production et de mesures, méthodes et logiciels
de conception.
- Développer les partenariats et les financements partagés, publics
et privés pour des projets d'intérêt collectif et sur des objectifs
partagés.
- Faciliter l'accès des entreprises aux porteurs de connaissances
nouvelles, scientifiques, technologiques et méthodologiques et
assurer un transfert adapté et efficace de la recherche académique
au développement de produits innovants
- Susciter un dialogue social efficace et productif, en visant
le développement des qualifications et compétences dans le champ
des microtechniques
Les objectifs du Pôle en général et pour 2006
- A - Faire croître l'activité et l'emploi
- - Doubler le CA des entreprises du Pôle d'ici 2012 correspondant
à une moyenne de 10% par an, ce qui signifie potentiellement
une croissance de 1,36 milliard en 2004 à 3 milliards d'euros
en 2012 sur la base des 350 entreprises répertoriées
- - Faire progresser l'emploi de 2 à 5% par an
En 2006 : simple croissance (en CA & VA) de la majorité des
entreprises membres
- B - Développer les compétences et la valeur stratégique de l'offre
- - Passer de la pièce au composant avec des offres à valeur
stratégique pour des marchés ciblés
Engagement
2006 : au moins trois collaborations industrielles générant
un nouveau CA sur ces marchés
- - Capter de nouvelles technologies et développer la conception
innovante et la combinaison des savoir-faire
Engagement
2006 : au moins cinq projets pilotés par des industriels dans
cette perspective
- Développer les projets de R&D en partenariat
entre entreprises, laboratoires de recherche et centres de transfert
régionaux :
Engagement 2006 : au moins cinq projets de R&D en partenariat
- Engager une relation gagnant-gagnant entre
réseaux PME & grands groupes industriels
Engagement 2006 : au moins une affaire
nouvelle entre un réseau PME et un grand groupe
- Développer le Pôle des microtechniques
dans sa dimension nationale et internationale
Promouvoir et renforcer l'identité "microtechniques" du Pôle,
développer son positionnement et ses liens avec les autres pôles
de compétitivité, contribuer au développement d'un Pôle européen
des micro-technologies avec la Vallée de l'Arve, Grenoble et la
Suisse.
En 2006 : engager au moins une collaboration trans-régionale
et engager au moins une collaboration trans-nationale
LES MICROTECHNIQUES : ENJEU MONDIAL
Grand Dictionnaire Encyclopédique Larousse : Microtechnique…
technique applicable à la conception, la fonction, la fabrication,
la manipulation d'objets de très petites dimensions Micro : du grec
Mikros, petit, indique que quelque chose est très petit.
La révolution de la miniaturisation
L’industrie mondiale est marquée par le développement des produits
miniaturisés. Simples ou combinant en leur sein une pluralité de
fonctions, leur réalisation nécessite une grande variété de disciplines
scientifiques et technologiques : les microtechniques.
La miniaturisation en offrant toujours plus de fonctions et de
maîtrise de la matière est un enjeu majeur pour l’avenir de très
nombreux secteurs industriels dynamiques : l’automobile, l’aéronautique,
le spatial, les télécommunications, l’informatique, le biomédical…
Accroître le confort pour les utilisateurs, permettre plus de flexibilité
par le caractère portable et par la possibilité de combinaison des
objets entre eux, développer de nouveaux usages, réduire le poids,
diminuer l’encombrement, minimiser la consommation d’énergie et
de matière sont de grands thèmes qui animent grâce aux microtechniques
le dynamisme de notre industrie.
Les microtechniques permettent notamment la réalisation d'interfaces
intelligentes, au niveau de la petite dimension, entre environnements
techniques hétérogènes, entre monde technique et monde vivant, entre
monde perceptible et monde infra-perceptible.
Economiquement, les débouchés mondiaux concernent la plupart des
secteurs et il n’y a donc pas de risque de dépendance à un unique
marché.
La Franche Comté : terre de la micromécanique
Dans ce mouvement vers la miniaturisation et l’intégration de fonctions
supplémentaires, la Franche-Comté a un rôle essentiel à jouer, en
tant que spécialiste reconnu de la micromécanique , de la mécanique
de précision et des microtechniques.
Après la crise horlogère des années 70 et fort de leur savoir-faire,
les professionnels du secteur se sont diversifiés. Organisé en filière
pendant plus de 150 ans, le tissu industriel s'est alors constitué
en une juxtaposition d'entreprises, qui a veillé à ne plus dépendre
d'un unique marché.
En 30 ans la région franc-comtoise s’est dotée d’une capacité de
réponse technologique spécifique rassemblant plusieurs métiers (découpage
emboutissage, traitement de surface, usinage, conception) en développant
ses aptitudes dans le petit et le précis.
La micromécanique est l’essence et l’avenir des
microtechniques
Micromécanique et microélectronique sont intimement liées dans
le futur des microtechniques. La miniaturisation croissante est
en effet associée en permanence au défi des matériaux et de leur
assemblage. La Franche-Comté, terre de savoir-faire, experte et
multi-compétente en micromécanique a les moyens de relever ces grands
défis.
Le défi des grandes séries. Injection
plastique et surmoulage, découpage emboutissage, décolletage, usinage
offrent alors des solutions économiques adaptées à des séries allant
de l’unité à plusieurs millions.
Le défi de la taille. L’apport de procédés
nouveaux (laser femto-seconde, hot-embossing, croisements de procédés
classiques) et l’insertion de composants microélectroniques reculent
les limites actuelles et font évoluer un monde dimensionnel compris
entre le 1/10ème de micron et quelques centimètres faiblement accessibles
au silicium très coûteux.
Le défi du vivant. A partir de certains
niveaux d’efforts mécaniques, de courants à transporter, d’agressions
à supporter, les réalisations microtechniques à base de micromécanique
s’avèrent indispensables notamment au contact de l’homme.
Le défi des systèmes portés. Historiquement
terre d’horlogerie et de lunetterie, la Franche Comté dispose d’une
compétence d’avance pour une certaine catégorie d’une systèmes portés.
Notamment tous les appareillages miniatures intégrés de plus en
plus dans les lunettes et dans les montres. Ensemble, les entreprises
de la région peuvent livrer de tels produits entièrement finis.
Le défi de la synergie. De plus les
croisements entre procédés micromécaniques (surmoulage sur décolletage,
usinage ou emboutissage, traitements de surface sélectifs avant
découpage, assemblages automatisés pour préparer un surmoulage)
apportent des solutions nouvelles qui diminuent les opérations et
génèrent des gains de productivité.
Ainsi, malgré un poids économique plutôt faible, les spécialistes
comtois ont une importance stratégique forte pour les grands groupes.
Compte tenu des techniques multiples nécessaires aux microtechniques,
les pôles reconnus par les clients sont ceux ayant une population
industrielle dotée de plusieurs techniques spécifiques et apte à
se saisir collectivement des réalisations attendues.
Multi marchés, les PMI-PME comtoises honorent donc
directement les grands groupes mondiaux :
ABB,
Air Liquid,
Alcatel,
Alstom,
Amphenol,
Arcelor,
Artus,
Biomérieux,
Boeing,
Bosch,
Braun,
Breitling,
Camping Gaz,
Cartier,
Chrysler,
Cogema,
Corning,
Crouzet,
Daimler,
|
Delphi,
Denso,
Deutsch,
EADS,
Eaton,
EDF,
Electrolux,
Essilor,
Faurecia,
Ford,
Framatome,
General Electric,
Hasselblad,
Hitachi,
Honda,
Honeywell,
Hutchinson,
ITT Canon, |
Jaeger Lecoultre,
Jonhson Control,
KLA-Tencor,
Legrand,
Legris,
Liebher Aerospace,
LVMH,
Magneti Marelli,
Marconi,
Matra,
Matsushita,
Meritor,
Messier Bugatti,
Michelin,
Mitsubishi,
Mont Blanc,
NASA,
Novartis, |
ON Semiconductor,
Parkeon,
Philips,
PSA,
Radiall,
Renault,
Richemont,
Ricoh,
Saft,
Sagem,
Schlumberger,
Schneider,
Seb,
Sextant Avionique,
Sicli,
Siemens,
Snecma,
Sony, |
ST Microelectronics,
Staubli,
Swatch Group,
TDF,
Thalès,
Thomson GIAT,
Toyota,
Trelleborg,
Tyco,
Valéo,
Visteon,
Vachette,
VDO,
Volkswagen,
Vuitton,
Waterman. |
LA STRATÉGIE DU PÔLE
ou comment créer en dix ans un « Triangle de la Microtechnique
» unique en Europe
La Franche-Comté dispose des germes nécessaires pour devenir véritablement
une terre des microtechniques. Pour élever sa compétitivité, son
niveau de vie et d’activité, il est maintenant indispensable que
la région dispose d’une stratégie claire et de projets collectifs
garantissant son évolution.
Fort de cette cohérence, le pôle comtois pourra formaliser les
rapprochements avec Minatec (pôle Grenoblois de la microélectronique)
et la Technic Vallée de l’Arve (Haute-Savoie) d’une part et l’arc
jurassien suisse d’autre part pour créer un triangle vertueux des
microtechniques au coeur de l’Europe, un triangle concentré, efficace
et légitimé par l’histoire, la compétence et la complémentarité
des trois territoires.
Ce triangle unique en Europe doit avoir l’ambition d’être un pôle
mondial des microtechniques d’ici 10 ans pour permettre d’être en
compétition avec le pôle japonais et son environnement asiatique
et de disposer d’atouts vis-à-vis de grands pays comme les Etats-Unis
fonctionnant en réseau mais ne disposant pas du potentiel d’un pôle
concentré et déterminé.
En disposant du regroupement de la microélectronique, de la micromécanique
et des fabrications de haute précision, et en se rapprochant à l’international
de la Suisse, la France saisit l’opportunité de constituer un foyer
d’innovation et de production apte à attirer les investisseurs mondiaux.
Objectifs court terme :
Renforcer l’identité du Pole Comtois des Microtechniques
Se rapprocher des pôles Suisse et Rhône Alpes de la microtechnique
Amorcer la reconnaissance du triangle des Microtechniques au coeur
de l’Europe
• Augmenter l’identité et la lisibilité du pôle
La stratégie à court terme est d’établir une visibilité mondiale
du pôle en le dotant d’une organisation collective et d’une équipe
représentative permanente en charge de le connecter facilement aux
autres pôles mondiaux.
• Gagner l’adhésion générale des acteurs régionaux autour de cette
identité renforcée En clarifiant l’offre du pôle, sa stratégie et
son image, les entreprises du pôle ont déjà renforcé la cohésion
des acteurs notamment de recherche et de formation, et éclairci
les intentions économiques auprès des financeurs publics locaux.
Il faut renforcer ce mouvement.
• Lancer les projets coopératifs Gagnée dans l’esprit, cette coopération
doit se gagner dans les actes, en développant des projets communs
fédérant l’ensemble des entreprises avec les forces de formation
et de recherche. Le travail a déjà commencé pour le développement
de nouveaux « produits-marchés », le développement et la diffusion
régionale de nouvelles technologies. Engager les actions de structuration
des moyens collectifs de formation, de recherche, de relation avec
les marchés
• Formaliser les partenariats avec Grenoble et la Suisse microtechnique
Il faut poursuivre et concrétiser les rencontres entre les responsables
de la gouvernance de chaque pôle et définir des objectifs communs
de ces collaboration.
Objectifs moyen terme :
Accentuer l’offre de fonctions sous la forme de composants
pour des marchés ciblés Conforter l’avance technologique sur des
besoins stratégiques des marchés
• Passer de la pièce au composant
Face à la fabrication de pièces, à fonction unique, largement concurrencée
par les productions de masse, les entreprises de Franche-Comté ont
tout intérêt a développer la fabrication de composants, multifonctions,
et qui eux mêmes assemblent les pièces. Voire s’attaquer aux systèmes
plus complexes associant d’autres disciplines. C’est en complète
cohérence avec les attentes de nos clients. Ce saut qualitatif nous
aidera à gagner en valeur ajoutée et conquérir les marchés Par exemple
il faudra développer l’intégration de fonctions électroniques.
Il faudra aussi établir les liens internationaux qui permettront
la coopération technologique et la promotion de cette nouvelle offre
commerciale.
• Faire aboutir les premiers projets de coopération régionale entre
des groupes d’entreprise, des laboratoires et des centres de formation.
Par exemple, sur l’instrumentation et les systèmes portés, la stratégie
s’appuie sur une capacité existante de production d’équipements
de contrôle et de mesure et sur des zones spécialisées dans la lunetterie,
l’horlogerie et le luxe. • Développer les compétences transversales
combinant marketing, innovation technologique, économie des investissements
de R/D, stratégie des alliances Il est également indispensable que
les entreprises comtoises maintiennent une offre compétitive mondiale
en profitant de l’excellence de la recherche présente localement
et sur ses pôles voisins coopérants. Les concurrents des pays à
faible coût de main d’oeuvre ne bénéficiant pas de tels contextes
pour le moment, le pôle comtois souhaite entériner un rapprochement
recherche-industrie au travers de plusieurs projets spécifiques
et créer à l’occasion une entité visible marquant ce plus technologique.
• Implanter de nouvelles entreprises apportant des activités stratégiques
complémentaires La visibilité nationale et internationale du pôle
comtois des microtechniques, ainsi que des conditions attractives
d’implantation sont indispensables pour favoriser à moyen terme
une captation des externalisations d’activités microtechniques de
nos grands donneurs d’ordres mondiaux et conforter le dynamisme
du tissu local.
Objectifs long terme :
Obtenir avec Grenoble et la Suisse microtechnique la pleine
reconnaissance mondiale du triangle européen des Microtechniques.
Pérenniser la filière et attirer les générations futures.
Elever le niveau d’épanouissement social et économique
• Obtenir le référencement international de la Franche-Comté microtechnique.
Cela ne peut se gagner efficacement et durablement qu’aux côtés
de nos partenaires Grenoblois et Suisses.
• Produire majoritairement des composants et des systèmes à haute
valeur ajoutée En dotant le pôle de perspectives, de synergies,
de moyens et de liens forts, les générations futures doivent être
attirées et assurées par une activité pérenne. Les dirigeants et
les cadres de la microtechnique comtoise vieillissent et les pressions
économiques mondiales sont fortes.
Le pôle souhaite s’orienter sur la conception et la fabrication
de systèmes à forte valeur ajoutée. Cette orientation est indispensable
pour offrir des perspectives d’avenir dans une compétition mondiale
basée sur la différence des coûts de main d’oeuvre et l’exploitation
intensive de technologies classiques.
• Elever les qualifications dans l’ensemble des niveaux de responsabilité
et dans l’ensemble du Pôle.
L’activité microtechnique comtoise vit un tournant historique qui
peut basculer en une perte de sens ou générer une dynamique très
forte. Encourager l’innovation, soutenir le goût pour l’excellence
et la performance, les microtechniques comtoises peuvent fournir
aux passionnés du petit et du précis le terreau d’une réussite sociale
et économique.
La synergie avec les acteurs de recherche, les efforts de formation
et d’embauche des effectifs diplômés localement, la prise en compte
de la dimension sociale et la conjugaison avec d’autres pôles notamment
grenoblois et suisses doivent entraîner une élévation globale de
l’économie du pôle. Les microtechniques offrent une chance d’activité
à une très large population puisqu’elles nécessitent des qualifications
allant du niveau Bac au Doctorat.
Objectifs chiffrés :
doubler notre présence sur les marchés mondiaux
Les estimations du pôle notent actuellement une part de marché
de 1 à 2% sur les marchés mondiaux. Ce qui constitue indéniablement
une vraie spécificité et une formidable dynamisme, pour cette région
qui concoure habituellement entre 1 et 2% des indicateurs français
habituels (population active, PIB).
C’est une belle opportunité pour la Franche-Comté à condition
qu’elle gagne en visibilité et en attractivité. Le pôle comtois
doit pouvoir profiter de la forte croissance des grands marchés
visés (automobile, informatique, aéronautique, biomédical) et rassurer
ses investisseurs puisqu’il n’y a pas de dépendance risquée à un
marché unique. L’ambition est de passer d’un chiffre d’affaires
cumulé de 1,36 milliards d’euros en 2004 à 3 milliards d’euros en
2012 soit 10% de croissance par an en moyenne et de faire progresser
parallèlement le nombre d’emplois de 2 à 5% par an.
Partenariats publics :
la volonté solidement ancrée de toute une région
La Préfecture de Région, le Conseil Régional, le Conseil Général
du Doubs, la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon, le pays
horloger et le pays lunetier soutiennent la dynamique collective
lancée par les industriels du Comité des microtechniques fondé au
sein de l’UIMM Franche-Comté en juillet 2004.
Les projets ont été élaborés par 60 industriels avec plus de 30
organismes représentant les chercheurs, les établissements de formation
et les acteurs spécifiques aux microtechniques.
Pour appuyer la visibilité du pôle, l’équipe permanente sera installée
au sein de la Maison des microtechniques Temis Innovation (investissement
8,1 million d’euros) livrée en juin 2005 sur la Technopôle des microtechniques
de Besançon Temis.
L’université de Franche-Comté, l’Université de Belfort-Montbéliard,
l’Ecole Nationale d’Ingénieurs en Mécanique et Microtechniques,
la plate-forme technologique Femto-ST et le Centre de Transfert
des Microtechniques et Nanotechnologies accompagnent également ce
projet de pôle en impulsant un rapprochement fort et organisé de
la recherche locale auprès des industriels.
La stratégie du pôle, ancrée sur une histoire forte
et une réalité du terrain, s’inscrit en parfaite synergie avec l’histoire
et la politique de développement de la Franche-comté
La Franche-Comté demeure dans le paysage français un territoire
résolument industriel avec 27% de sa population active dédiée à
ce secteur contre 17% au niveau national (sans compter les effectifs
intérimaires en industrie affectés au tertiaire). Convaincue que
la tertiarisation est confortée par la base industrielle et agricole,
la Franche-Comté soutient pleinement ses filières industrielles
majeures : l’automobile, les microtechniques et l’agro-alimentaire.
Depuis 1990, en Franche-Comté l’État a consacré 4,3 millions d’euros
aux contrats de progrès pour l’industrie dont près de la moitié
dans le cadre du contrat de plan État - Région. Le Conseil Régional,
et les Entreprises ont apportés 5 millions d’euros chacun et les
Fonds Européens ont contribués pour 3,3 millions d’euros.
Le projet de pôle microtechniques est essentiel pour donner une
chance internationale à l’engagement industriel régional et faire
disparaître le scepticisme des jeunes populations. Ce projet est
de plus en complète synergie avec l’évolution de la filière automobile
au nord de la région qui appuie son avenir sur la compétitivité
des équipementiers et notamment le développement de fonctions microtechniques
nouvelles.
Partenariats industriels :
la complémentarité à l’assaut de nouveaux marchés
La création du pôle des microtechniques marque une évolution
importante pour la Franche-Comté en constituant une forte visibilité
et une mise en synergie de ces différentes démarches collectives.
Trois alliances fortes se retrouvent pour soutenir le pôle des
microtechniques en vue d'assurer sa cohésion et son développement
:
• le Comité des microtechniques et son bureau associant huit entreprises
d’ingénierie et de micro fabrication (AR Electronique, Cryla, Digital
Surf, Imasonic, Morel Technique, Nanobiogène, et Statice) en charge
de représenter les 350 entreprises du pôle et ses 11 000 salariés,
• le Syndicat professionnel des lunetiers du Jura qui représente
60 entreprises et 3 200 salariés,
• et les 50 Entreprises du Pays horloger (1000 salariés).
Ces trois entités représentent essentiellement des PME-PMI et sont
organisées pour certaines depuis près de vingt ans. Leurs compétences
très spécifiques n’ont pas justifié d’alliance avec les grands groupes
qui sont pourtant leurs clients. Ces partenariats sont néanmoins
structurants puisqu’à titre d’exemple le Bureau du Comité des microtechniques
prend en charge la création du pôle des microtechniques et que le
Syndicat des lunetiers est déjà doté de structures spécifiques pour
l’intelligence économique, le marketing et le développement technologique.
On notera également depuis 30 ans le regroupement de 350 industriels
comtois au sein de l’association Micronora destinée à promouvoir
les microtechniques en France et à l’international.
Collaborations nationales, européennes et internationales
Le Triangle européen des microtechniques et les autres pôles
mondiaux
Au niveau national, la Franche-Comté engage une relation constructive
avec le Leti à Grenoble et la Technic Vallée à Cluses pour contribuer
à la consolidation d’un ensemble de compétences spécifiques et complémentaires
en microtechniques entre Rhône Alpes, l’arc jurassien suisse et
la Franche-Comté.
Pour le Leti, en vue de faciliter les relations et de bénéficier
des compétences comtoises en mécanique et microfabrication, il était
essentiel que la Franche-Comté établisse une organisation de type
polaire.
La Technic Vallée et le Syndicat national du décolletage sont en
cours de structuration mais accueillent volontiers l’initiative
de constitution d’un triangle microtechniques européen.
On notera toujours au niveau national que la Franche-Comté pilote
les actions Micro & Nanotechnologies dans le Centre Relais Innovation
(CRI) Grand Est qui est l’animateur sur ce thème au sein du réseau
européen des CRI.
Au niveau international, le pôle franc-comtois des microtechniques
collabore surtout avec la Suisse. La Franche-Comté est la région
de France qui partage la plus grande frontière avec la Suisse :
230 km de rapprochement entre deux régions microtechniques. Le canton
de Neuchâtel représente près de 80% des 35 000 personnes constituant
l’effectif des microtechniques en Suisse.
Compte tenu de leurs similarités, les deux territoires pressentent
en effet toute l’importance de coopérer face à la mondialisation
et de dépasser les échanges de sous-traitance et d’opportunités
économiques qui les animaient jusqu’alors.
L’arc jurassien suisse qui a compris tout l’intérêt de cette porte
ouverte sur l’Europe, a fondé avec la Franche-Comté en 2001 le LEA,
laboratoire européen associé qui rassemble cinq centres de recherche
(trois suisses et deux francs-comtois).
Le LEA est soutenu par les programmes Interreg conduit actuellement
14 projets communs et une formation binationale. Le forum du temps-fréquence,
l’initiative Pix d’échange de thésards, le colloque du traitement
de surface, la plateforme microtechnique pour réaliser une capsule
intestinale sont quelques unes des collaborations engagées depuis
plus de dix ans par ces deux territoires pour se rapprocher sur
le thème des microtechniques.
La Chambre de Commerce de Neuchâtel et les Chambres de Commerce
de la Franche-Comté et du Doubs collaborent pour établir une organisation
des relations industrielles en complément des relations de recherche.
Deux réunions d’organisation ont déjà confirmé cette volonté qui
se traduira par un atelier de rencontres entre industriels des deux
pays à l’occasion du salon Subtec en mai 2005 à la Chaux de Fonds
en Suisse. Avec le soutien des technopôles Néode à Neuchâtel et
Témis à Besançon, le thème portera sur les possibilités de mieux
collaborer entre les deux pôles pour la R&D et le soutien aux entreprises
innovantes.
Le pôle Franc-comtois a aussi engagé sur les dix
dernières années des relations avec le Japon, l’Allemagne, et les
USA.
Le Japon
La Franche-Comté tisse avec le Japon un lien particulièrement fort
grâce à une affinité culturelle évidente : l'esprit de précision,
de miniaturisation et d'inventivité issu de la micromécanique.
Depuis plus de dix ans, le Japon et la Franche-Comté mettent en
commun leurs recherches au sein du LIMMS (Laboratory on Integrated
MicroMechatronics Systems) créé par le CNRS à l’université de Tokyo
avec les centres de Grenoble, Lille et Toulouse, 6 de ses 10 chercheurs
sont franc-comtois.
La région est également chef de file français pour deux congrès
franco-japonais très microtechniques : Mecatronics et Micromachine
Summit.
On notera que le congrès Mecatronics a contribué sur le plan scientifique
depuis sa première édition en 1992 :
- à la mise en place du LIMMS
- à la mise en place en France d'un laboratoire CNRS franco-japonais,
dont les chercheurs, répartis dans toute la France, travaillent
sur la micromécatronique,
- au développement d'échanges entre étudiants de l'Ecole nationale
supérieure de mécanique et des microtechniques (ENSMM) et de l'Université
de Tokyo-Denki, qui favorisent les contacts industriels ultérieurs,
- à la création, par le CNRS, d'un pôle national en microrobotique
au sein duquel le LAB (Laboratoire d'automatique de Besançon) est
leader et l'Institut des microtechniques de Franche-Comté et Femto-ST
ont été fortement impliqués.
La mécatronique et la micromécatronique sont d’ailleurs au coeur
des compétences clés sur lesquelles le pôle de compétitivité "microtechniques"
est construit. La Franche-Comté, pionnière en France dans ce domaine,
a partagé très tôt avec le Japon ce lien « mécatronique ».
Les relations industrielles ralenties pendant quatre ans par la
crise financière japonaise sont à relancer.
L’Allemagne
Plus récemment la Franche-Comté s’est engagée dans une coopération
avec la région de Thuringe en Allemagne. Une convention favorise
les rencontres entre entreprises et étudiants spécialisés en microtechniques.
Cette région spécialisée dans l’automobile et les microtechniques
intensifie le rapprochement avec le pôle comtois notamment au sein
du réseau des Centres Relais d’Innovation. Des industriels et chercheurs
en microtechniques de Thuringe présents à Micronora 2004 ont rencontré
plus d’une trentaine de chefs d’entreprises comtois et une délégation
d’étudiants et de jeunes chefs d’entreprises thuringiens viendra
en mai 2005 à la rencontre de leurs homologues francs-comtois.
Les USA
Enfin concernant les USA, la Franche Comté a fondé avec l’Université
de Géorgie à Atlanta et le CNRS le GLT-CNRS Telecom, un laboratoire
rassemblant depuis 1995 des recherches appliquées aux télécommunications.
Des échanges sont en cours avec la chambre de commerce de Cincinnati
dans l’Ohio depuis 2002, et la ville de Charlottesville en Virginie
depuis 2003 compte tenu de leurs compétences similaires en microtechniques
et micromécanique.
Les atouts du pôle
Des métiers microtechniques et micromécaniques groupés comme
rarement en Europe
Peu de zones en Europe rassemblent les métiers de micro fabrication.
Pour les acheteurs, il est essentiel de cibler des foyers de compétences
et de rentabiliser leur relation en ne se dispersant pas sur plusieurs
territoires.
L’arc jurassien suisse est doté de cet atout et un rapprochement
de ce territoire présente un fort intérêt stratégique.
D’autres pôles existent en Europe soit au service d’un grand groupe
tel Philips à Eindhoven, Siemens à Erlangen ou Nokia en Finlande,
soit orientés sur la microélectronique et souvent plus récents comme
Minatec en France, Imtec et le Mic aux Pays-Bas.
Les métiers microtechniques sont généralement dispersés à l’exemple
de l’Allemagne alors que les évolutions sont attendues aux croisements,
à l’hybridation des techniques.
La Franche-Comté est consciente de l’atout de sa concentration
de métiers et des potentiels de conjugaison entre eux pour l’avenir
des applications intégrant notamment les évolutions en technologies
type silicium et nanotechnologies.
Un relais essentiel en France pour réaliser les produits et
profiter des nanotechnologies
La France ne peut conserver de présence industrielle sur les produits
nouveaux (téléphonie, cartes à puces, systèmes de surveillance médicale)
qu’en bénéficiant d’une production française capable d’intégrer
ses développements en microélectronique et en nanotechnologies.
Les gyroscopes, les relais de télétransmission, les capteurs et
micro actuateurs dans les automobiles, les systèmes monétiques,
les afficheurs autoroutiers ont pour exemple vu le jour en France
grâce à aux compétences microtechniques franc-comtoises. L’insertion
de cette région dans le dispositif créatif de l’industrie française
est certes d’un poids économique modeste (environ 11 000 emplois
directs à ce jour) mais représente une valeur stratégique forte.
Un réel triptyque local animé d’une volonté collective
L’économie microtechnique comtoise dispose d’acteurs spécifiques
en industrie (350 entreprises), en recherche (500 chercheurs) et
en enseignement (1100 diplômés par an).
La force du territoire est que ces acteurs se sont saisis de la
mise en cohésion. Les chercheurs et industriels engagent la création
de programmes communs destinés à enrichir les compétences des entreprises.
Les acteurs d’enseignement intensifient les échanges avec les industriels
pour développer des formations adaptées et des modules à la carte
et encourager le recrutement local.
Une expérience et une histoire locale fortes
En Franche-Comté l’industrie horlogère s’est organisée dés le 18ème
siècle. Des générations de francs-comtois se transmettent la passion
pour le petit et le précis et les microtechniques y sont promues
depuis plus de 30 ans.
De multiples savoir-faire coexistent pour travailler les métaux,
les plastiques, les matériaux durs, réaliser leurs finitions et
leurs assemblages, intégrer d’autres composants notamment électroniques.
L’ingénierie des horlogers est devenue celle des mécanismes, des
systèmes complexes, des défis de miniaturisation.
Définir en un même territoire, le concept, les outils et la fabrication
lui accorde une grande réactivité reconnue par ses clients. Aussi
tous les acteurs locaux soutiennent-ils la recherche, la formation
et les entreprises qui conduisent la suite de cette grande histoire
comtoise.
La non dépendance à un unique marché
Le développement durable du pôle est fonction des marchés visés.
Les expériences passées ont montré que les microtechniques offraient
la possibilité en tant qu’offre technologique de s’appliquer à une
très grande variété de domaines et de lisser les fluctuations particulières
d’un marché.
Cette utilité, ce caractère indispensable à l’évolution de multiples
secteurs en croissance (téléphonie, informatique, automobile, aviation,
luxe) nécessite des outils de visibilité et de marketing direct
pour atteindre les multiples cibles. Le pôle est donc une organisation
essentielle pour faciliter l’approche multisectorielle et garantir
une évolution constante de l’activité.
Les points qu’il sera nécessaire de dépasser
La taille réduite du pôle actuel
Les acteurs locaux constatent que de nombreux moyens (infrastructures,
budgets disponibles) fixés en fonction de la représentativité économique
de la Franche-Comté en France ne permette pas au secteur des microtechniques
de ce développer comme Grenoble a pu le vivre avec Minatec. Pourtant
sur un composant MEMS, 50% des coûts de fabrication concerne son
insertion micromécanique.
La France doit pouvoir renforcer la Franche-Comté pour accéder
à la fabrication de biens microtechniques et entrer en compétition
mondiale plutôt que perdre les occasions de productions industrielles
mondiales.
Une notoriété et une visibilité encore faibles
Contrainte par ses moyens économiques propres, la Franche-Comté
peine à mobiliser ses moyens et à faire valoir son importance.
Pourtant les signes d’une évolution dans la reconnaissance française
ne manquent pas : sixième plate-forme technologique de recherche
en micro et nanotechnologie, reconnaissance du dossier exemplaire
de Femto-ST par le Ministère de la Recherche, intégration du salon
Micronora dans les réflexions françaises pour l’industrie.
Les compétences régionales souhaitent être clairement soutenues
et identifiées pour accroître la notoriété.
Une seconde difficulté tient à la nature même des microtechniques
généralement enfouies dans les objets et de fait peu visibles.
Pourtant Besançon a pu aisément revendiquer un titre visible de
capitale de la montre. Les oscillateurs à quartz de Télédiffusion
de France et du Rafale, les systèmes de paiement de parking mondiaux,
les composteurs de tickets SNCF, les afficheurs sur autoroutes,
les outils de découpage pour réaliser les cartes à puces mondiales,
les conceptions de 90% des micromoteurs d’aiguilles de tableaux
de bord d’automobiles dans le monde proviennent de Franche-Comté.
Une notion de « Franche-Comté inside » et de mise en valeur des
techniques de miniaturisation et de précision plus que des produits
nécessitent un appui en communication soutenu.
Le manque de liens internationaux
Le pôle est déjà international dans ses liens avec la Suisse et
le Japon. Des finlandais, des belges, des suédois, de nombreux allemands
commencent à réaliser combien le foyer comtois présente une offre
spécifique en microtechniques à forte dominante micromécanique.
Les évolutions récentes de la microélectronique ont désormais
besoin d’une évolution grâce à la micromécanique pour faire progresser
les microtechniques. Un appui est nécessaire au volet international
pour engager une dynamique de rencontre des clients et des chercheurs
étrangers sur leurs sols.
En renforçant la visibilité internationale du pôle avec le rapprochement
triangulaire Franche- Comté / Suisse / Rhône-Alpes, le pôle doit
donner des signes d’ouverture et se doter des moyens d’entrer en
liaison avec les acteurs internationaux.
Une exportation commerciale à développer
Environ 40% des entreprises microtechniques exportent et la part
export de ces entreprises est en moyenne de 40%. Compte tenu de
la part de marché mondiale de la Franche-Comté située entre 1 et
2% selon les marchés, de la taille des pièces qui se prêtent aisément
au transport et d’expériences de compétitivité mondiale réussies
pour des entreprises comme Cryla, VP Plast, Augé découpage, AMTE,
il est essentiel de fonder une politique de soutien très fort à
l’exportation.
Le manque de grands groupes industriels en soutien
La fondation du pôle n’a pas débuté avec l’implantation de grands
groupes comme ce fût le cas dans d’autres pays avec Philips ou Siemens.
On notera cependant que Schlumberger, ITT, Framatome, et plus récemment
ECE Zodiac ont stratégiquement implanté des unités industrielles
compte tenu des compétences microtechniques comtoises.
L’engagement du pôle dans une démarche stratégique collective et
volontaire, appuyée par des financements locaux, des infrastructures
d’accueil et une forte augmentation de la visibilité doit favoriser
l’attractivité pour de grands groupes.
Les facteurs clés de succès
Des conditions d’attractivité et de soutien à la création (fiscalité,
infrastructures, notoriété)
Le pôle, qui dispose d’un réel triptyque industrie recherche formation
appliqué aux microtechniques, se développera grâce à l’implantation
d’unités nouvelles, de groupes industriels connus rejoignant le
territoire. L’apport d’investissements, le recours à une main d’oeuvre
locale qualifiée doivent confirmer les atouts du pôle et engendrer
une dynamique d’expansion.
En favorisant l’encouragement et l’accompagnement à la création
d’entreprises notamment innovantes, la Franche-Comté bénéficiera
de techniques nouvelles et de personnalités supplémentaires contribuant
à l’avenir de son tissu industriel.
Un dynamisme économique et technologique collectif
Pour relever le défi de son développement, le mouvement collectif
engagé, qui rassemble déjà plus de 50 entreprises et 40 organismes
locaux, doit poursuivre les objectifs et les projets fixés. De premiers
effets d’entraînement sont déjà perceptibles auprès d’entreprises
désireuses de rejoindre le mouvement.
Conçu pour être totalement ouvert à l’intégration de toujours plus
d’acteurs, le pôle doit réussir la mise en mouvement de l’ensemble
notamment pour deux axes majeurs : booster sa présence sur les marchés
et enrichir technologiquement ses entreprises.
Une cohésion entre Rhône Alpes, la Suisse et la Franche-Comté
Ces trois territoires très proches sur la carte européenne sont
conscients de partager des compétences complémentaires propres à
constituer un foyer visible au niveau mondial.
La micromécanique, la microélectronique et les techniques de précision
indispensables aux microfabrications sont rassemblées sur un triangle
qui peut offrir à la France un centre des microtechniques visible
dans le monde notamment auprès de clients européens, asiatiques
et américains.
Les acteurs sont favorables à ces rapprochements et la vitesse
de développement du pôle franc-comtois dépendra notamment de l’émergence
rapide et consolidée aux trois niveaux (industrie, recherche, formation)
de ce triangle.
Une reconnaissance nationale
La soutien d’une Nation est essentiel pour mettre en lumière des
compétences industrielles.
Cette reconnaissance passe par des retombées concrètes : promotion
à l’étranger par le réseau des AFII, soutien aux grandes voies de
communication, prise en compte dans les grands projets d’équipement
nationaux et européens…
Au même titre que la biodiversité, « l’industrie-diversité » procure
à la Nation des atouts indispensables pour sa croissance. Le pôle
franc-comtois des microtechniques, conscient de sa taille relativement
réduite, espère que la France saura lui reconnaître combien ses
compétences doivent être davantage identifiées et soutenues pour
s’exercer pleinement.
Autoévaluation du pôle
Quatre types de pôles microtechniques notablement différenciés
par leurs origines coexistent dans le monde :
• type 1 : des pôles fondés sur une histoire horlogère
• type 2 : des pôles issus d’une histoire microélectronique
• type 3 : des pôles créés par de grands groupes développant des
applications électriques et électroniques
• type 4 : des pôles créés pour développer l’économie locale
Les pôles de type 1 ayant vécu une
diversification de leur industrie horlogère et micromécanique disposent
d’un large éventail de techniques permettant de travailler les métaux,
matières plastiques et matériaux durs, d’associer des pièces ou
composants très différents et de travailler sur une continuité d’échelle
d’une dizaine de centimètres jusqu’au nanomètre. Ces pôles acquièrent
des aptitudes complémentaires à la mécanique comme l’électronique,
ou l’usage des outils employés en microélectronique. La Franche-Comté,
l’arc jurassien suisse (centré sur Neuchâtel), la Forêt noire, et
la région de Tokyo font partie de ces pôles.
Les pôles de type 2 plus récents ont
bénéficié depuis 30 ans de l’expansion de l’industrie microélectronique.
Les investissements très lourds et concentrés sur les procédés à
base de photolithographie ont établis des connaissances sur des
matériaux et des échelles d’exécution très spécifiques. Ces pôles
établissent des partenariats avec les pôles de type 1 pour utiliser
les compétences en mécanique, en hybridation de technologies, et
assurer la suite d’une échelle dimensionnelle généralement limitée
à la puce. Un champ d’innovation convergent avec les évolutions
des pôles de type 1 est le recours à des procédés et matériaux moins
coûteux : marquage à chaud, supports plastiques par exemple. La
Silicon Valley, Minatec à Grenoble, de même que la région de Tokyo
présentent de tels pôles.
Les pôles de type 3 s’appuient sur
l’évolution de grands groupes industriels spécialisés en matériel
électrique et électronique. D’abord spécialisés et séparés, leurs
laboratoires ont progressivement constitué par regroupements un
foyer de compétences microtechniques basées sur les disciplines
scientifiques associées à l’électricité. Les croisements de ces
disciplines avec les contingences de production industrielles entraînent
également ces pôles à intégrer des compétences propres aux pôles
de type 1 et 2. Philips à Eindhoven et Siemens à Erlangen sont de
ce type, tout comme Toyota, et Hitachi au Japon. Ils disposent de
réseaux mondiaux au sein de leur groupe pour capter au mieux les
évolutions.
Les pôles de type 4 ont généralement
moins de 15 ans. Ils confirment l’intérêt économique que représentent
les microtechniques. Au moment de la fondation le tissu industriel
local n’est pas spécifique à la miniaturisation. L’émergence de
Nokia en Finlande grâce au VTT, centre de recherche technique, est
l’exemple le plus connu. Louvain en Belgique est ainsi réputée avec
son centre de recherche indépendant Imec, tout comme le centre Mic
à Copenhague aux Pays Bas fondé par plusieurs industriels soucieux
d’évoluer tels Danfoss, Grundfos, B&O et Brüel & Kjaer. Eibar au
pays basque engage également cette démarche avec le centre Tekniker
pour assurer un avenir à ses activités mécaniques. Ces pôles plus
jeunes établissent volontiers des partenariats avec les trois autres
types pour enrichir rapidement leurs connaissances.
La notoriété des pôles est fortement liée aux moyens financiers,
aux leaders industriels impliqués et à la nouveauté. Les pôles
de type 2, 3 et 4 sont donc fortement appréciés et visibles alors
qu’ils recourent tous aux compétences des pôles de type 1 pour aboutir
aux réalisations.
En France la situation est critique puisque sur 10 ans (1994-2004)
les investissements pour Minatec à Grenoble auront atteint 3 milliards
d’euros contre 100 millions d’euros pour la Franche-Comté qui est
un pôle de type 1.
En comparaison le pôle de Neuchâtel bénéficie sur la même période
d’un soutien de 330 millions d’euros et le pôle de Copenhague d’un
soutien de 250 millions d’euros. (source Cabinet Yole)
Un pôle mondialement visible
La Franche-Comté et l’arc jurassien suisse représenté par Neuchâtel
proposent de s’associer avec Rhône-Alpes pour constituer un triangle
microtechniques mondial. En mécanique et micromécanique, acoustique,
optique la Franche-Comté apporte une recherche plus fondamentale
alors que l’arc jurassien suisse est davantage dans l’application.
L’association de deux pôles de type 1 très proches au pôle microélectronique
de Grenoble offre des possibilités de réalisations microtechniques
de la conception du circuit au système complet. Alors que les Etats-Unis
(ou à plus faible échelle l’Allemagne) dispersent leurs compétences
sur leurs territoires, le triangle constitué présentera une attractivité
et une concentration de capacités seulement reproduites au Japon.

Quelle vision dans la durée ?
Une feuille de route pour l’industrie, la recherche et la
formation
1) Augmentation
de la lisibilité
et de l’adhésion
2) Augmentation
des liens internationaux
3) Organisation du Pôle
3) Formalisation
des partenariats
4) Lancement
des projets coopératifs |
1) Implantation
de nouvelles entreprises
2) Développement
des fonctions électroniques
3) Aboutissement
des premiers projets
4) Développement
des formations transversales |
1) Référencement international
2) Prépondérance des fonctions
de conception, d’industrialisation
et d’automatisation
3) Production de composants
et systèmes à haute valeur ajoutée
4) Élévation générale
des qualifications sur le pôle |
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Court terme
(18 mois) |
Moyen terme |
Long terme |
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