Foire
Aux
Questions
1. La Franche Comté : Pôle de Compétitivité
des Microtechniques.
Quel est le sens de ce projet ?
Ce projet est une prise de conscience. Celle d’un territoire qui
n’a pas d’équivalent en microtechniques : à la fois le pôle le plus
dense et le plus ancien. La Franche-Comté possède aujourd’hui une
richesse collective unique et compétitive. Elle voit clairement
les opportunités qu’elle peut transformer au niveau mondial en se
rassemblant. La naissance de ce pôle est d’un intérêt vital et stratégique,
non seulement pour la région, mais aussi pour la France et l’Europe
dans leur défi économique face à l’Asie.
2. Qui a lancé le projet ?
En 2003, 8 entreprises jeunes et innovantes se sont réunies, pressentant
qu’il y avait en Franche–Comté une vraie fibre microtechnique à
mettre en synergie. Depuis, une soixantaine d’entreprises, les centres
de recherche et de formation et les politiques ont suivis. Tous
ont véritablement pris conscience de leur force et des opportunités
à conquérir au niveau mondial. Le projet de labellisation en pôle
de compétitivité vient concrétiser une réflexion déjà mature sur
tout le territoire. Comme en micromécanique, c’est l’assemblage
qui fait la force. Ici, on en est convaincu.
3. Quelle est l’importance des microtechniques
en Franche Comté ?
La Franche Comté est le berceau des microtechniques. Les métiers
du petit et du précis sont inscrits dans son histoire et dans ses
gènes. N’oublions pas qu’elle a vu naître la montre. De 1820 à 1970,
cette industrie prospérait sur l’Arc Comtois, de part et d’autre
de la frontière suisse. Les gens d’ici ont gardé cette passion de
la précision et ont développé des savoir-faire qui servent aujourd’hui
à toutes les industries. Vos cartes à puces, vos compteurs de vitesse,
la diffusion des programmes télévisés, le guidage des avions, font
appel à nos savoir faire. Résultat : la microtechnique Franc-comtoise
occupe 1 à 2% du marché mondial. Exceptionnel pour une région qui
ne représente que 1 à 2% des indicateurs français.
4. Précisément, qu’entend-on par microtechniques
?
Les microtechniques concernent tous les métiers de la petite dimension
: typiquement du centimètre au micromètre et maintenant au nanomètre.
On distingue la microélectronique, qui a connu une explosion avec
l’avènement de l’informatique et des microprocesseurs, et la micromécanique,
qui s’occupe des matériaux et des fonctions mécaniques des petits
objets.
5. Où se situe la Franche Comté sur le spectre
des microtechniques ?
Avec une forte coloration micromécanique, tout un savoir-faire venu
de l’horlogerie. Aujourd’hui, les compétences principales portent
sur la micromécanique, le traitement des surfaces et l’assemblage.
Mais on voit aussi émerger d’autres métiers, sous l’impulsion de
jeunes entreprises innovantes, qui lient les microtechniques à d’autres
disciplines, comme l’acoustique, l’optique et l’électronique.
6. Y a-t-il un point de rencontre possible
avec la microélectronique ?
Le rendez-vous est inévitable. A nous de ne pas le manquer. Depuis
30 ans, la microélectronique, dont le coeur français bat à Grenoble,
est largement favorisée, avec de gros moyens. Elle a vécu jusque
là en vase clos, avec des matériaux chers et spécifiques, notamment
le silicium et les métaux précieux. De plus en plus, elle recherche
les économies et s’intéresse à de nouveaux matériaux et à de nouvelles
techniques de fabrication, moins coûteux, qui rejoignent la micro
mécanique.
7. Cette rencontre ira-t-elle jusqu’à un vrai
partenariat ?
C’est notre ambition. Créer au coeur de l’Europe, un vrai « Triangle
de la microtechnique » avec les pôles les plus proches et complémentaires.
L’Arc Jurassien en Suisse, Minatec (le pôle microélectronique de
Grenoble) et la Technic Vallée en Haute-Savoie. Nous aurions là
une sorte « microtechnique vallée » de portée incomparable. Nous
avons déjà tiré les premiers filins, notamment en recherche, tissons
maintenant le reste du réseau.
8. En quoi les microtechniques sont importantes
?
Elles sont au coeur de tout. Elles permettent de combiner tellement
de technologies, de disciplines, de fonctions, de matériaux que
les possibilités de les exploiter sont quasi infinies. Dans un volume
de plus en plus réduit les microtechniques savent assembler :
- les matériaux : métaux, polymères, céramiques, matériaux actifs…
- les technologies : emboutissage, usinage, injection, traitement
de surface, et beaucoup d’autres processus à l’étude dans les laboratoires…
- les disciplines : mécanique, optique, électronique, magnétisme,
acoustique, thermique…
- les fonctions : connecteurs, capteurs, radiateur, blindage, actuateur,
transmission, retour d’effort…

Plusieurs regards possibles sur les microtechniques francs-comtoises

9. Où retrouve-t-on les microtechniques ?
Partout. La course à la miniaturisation touche tous les domaines.
Aujourd’hui, votre voiture est fortement dotée de capteurs et de
composants intelligents. Votre téléphone portable prend des photos.
Votre médecin vous fait porter des instruments médicaux pour surveiller
votre santé. Vos enfants jouent avec de petits robots. Toutes ces
applications se servent largement des microtechniques. Les entreprises
comtoises travaillent pour l’automobile, le biomédical, la sûreté,
l’horlogerie, l’alimentaire, la défense, les TIC, la monétique,
l’environnement, l’énergie….

10. Un exemple ?
Un exemple d’avenir, oui. Nous imaginons actuellement des dispositifs
biomédicaux portés sur le corps humain. Demain un diabétique pourra
porter une montre qui surveillera son taux de sucre et lui injectera
une microdose d’insuline si nécessaire. Et ce n’est qu’un exemple.
Demain, vos vêtements intégreront aussi des composants microtechniques.
11. Le pôle manque de notoriété, pourquoi
?
Il lui manque un porte-drapeau. Il n’a pas de grosse entreprise
connue dont la notoriété rejaillirait sur l’ensemble. Mais regardez
nos carnets de commandes ! Nos clients, ce sont tous les plus grands
groupes du monde dans tous les secteurs. De plus, à l’instar d’Intel,
la nature même de nos productions enfouit l’expression de nos compétences
au coeur des objets.
12. Examinons le pôle à la loupe, de quoi
est-il constitué ?
350 entreprises, 11000 salariés. Beaucoup sont des PME avec une
activité de sous-traitance des grands groupes. Ce marché est directement
attaqué par l’Asie, avec des coûts de main d’oeuvre jusqu’à 20 fois
plus réduits. Pour ces entreprises là, il faudra rapidement s’orienter
vers les moyennes séries, où la valeur ajoutée est supérieure.
13. Où se situe l’avenir de la filière ?
Dans « l’intelligence de la matière ».
Pour se développer, le pôle devra montrer toutes les possibilités
de la mécanique : travailler de nouveaux matériaux, développer de
nouvelles fonctions… C’est ainsi qu’il apportera des développements
enrichissants à tous les secteurs. C’est aussi comme ça qu’il favorisera
les rapprochements avec la microélectronique, qui pour miniaturiser
encore devra faire appel à une matière développée intelligemment.
14. Qu’est-ce qui peut permettre de faire
ce saut !
La recherche et la formation en microtechniques, ici comme nulle
part ailleurs. Depuis les années 90, la majeure partie de la recherche
comtoise s’est restructurée autour des microtechniques. Avec FEMTO-ST
par exemple, le pôle dispose d’une centrale technologique à l’égal
de Lille, Toulouse, Grenoble et Paris. C’est une véritable plateforme
en micro fabrication d’envergure européenne, dont les travaux rejoignent
sur de nombreux points les attentes des entreprises locales : techniques
de salle blanche, nanomatériaux, techniques d’usinage (FEMTO-Laser)….
La Franche-Comté dispose aussi de la seule école d’ingénieurs en
microtechniques.
15. Être qualifié de pôle de compétitivité,
ça veut dire quoi pour les francs-comtois ?
D’abord, c’est une révélation pour les Francs-comtois. Travailler
sur la matière, sur le petit et le précis , c’est être proche de
la nature des choses. Les microtechniques sont au coeur de la vie
des hommes, de leur déplacement, de leur santé, de leurs interconnexions,
mais avec une grande discrétion. Elles sont partout mais ne se voient
pas. C’est une sorte de miracle secret. Il n’est pas du tempérament
des francs-Comtois de se révéler au grand jour. Mais ce projet de
pôle de compétitivité leur fait prendre conscience de leur identité,
du sens profond de leur travail et de leur passion du petit et surtout
de leur potentiel dans le concert mondial. Seule une telle vision
d’avenir peut porter la région durablement.
16. Quel est l’objectif économique pour la
Franche-Comté ?
Doubler ses parts de marché ! La Franche-Comté représente actuellement
1 à 2% du marché mondial des microtechniques. Ce qui montre déjà
une nette spécificité pour un territoire si petit.
17. Et l’enjeu social ?
C’est une de nos priorités. Les acteurs du Pôle se sentent une grande
responsabilité sociale. Et nous montons un projet assez original
associant l’Etat, l’UIMM et les syndicats. Une commission paritaire
des microtechniques sera associée aux orientations du Pôle. Elle
fixera les objectifs en matière d’emploi, de formation, d’insertion
des jeunes. Notre compétitivité s’appuie largement sur la passion
et le travail des francs-Comtois, à nous de dessiner tous ensemble
un avenir commun, avec des perspectives motivantes à tous les niveaux,
en qualité et en quantité. Offrir l’emploi de l’ouvrier au docteur
est un autre intérêt de ce pôle.
18. Quel saut majeur procure la labellisation
?
C’est une question de « visibilité critique ». A l’heure actuelle,
les compétences sont là, les ambitions sont là, les structures et
les talents sont là, mais le pôle n’a pas de visibilité européenne
ni mondiale. Avec la labellisation, tout change. Le pôle agit alors
comme un aimant, et attire les investisseurs, les cadres, les chercheurs,
les talents, les grands comptes mondiaux, voire les grandes entreprises
qui voudraient s’installer. Atteindre cette visibilité critique,
c’est atteindre rapidement une masse critique et jouer un vrai rôle
au plan mondial.
19. L’ambition concerne uniquement les francs-comtois
?
Non, bien entendu. Il y a un choix économique et stratégique à faire
pour la France et l’Europe. Comme nous l’avons dit, le but est de
construire avec nos amis suisses et nos partenaires de Rhône-Alpes
un Pôle européen des Microtechniques. Ce sera un véritable amplificateur
de la compétitivité pour les Grands Comptes qui intègrent des microtechniques
dans leur système. Notre ambition est naturellement à partager avec
eux.
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