Les acteurs
du pôle
La Recherche
I • CONTEXTE HISTORIQUE
I - 1 Les technologies régionales
La Franche-Comté, berceau de l’horlogerie française est passée maître
dans le domaine de la précision, de la miniaturisation et de l’intégration.
Sa compétence séculaire en mécanique et en micromécanique, en fait
une plaque tournante incontournable pour les microsystèmes et au-delà,
pour l’intégration des systèmes en combinant mécanique, électronique,
optique, acoustique, automatique, etc., dans un souci permanent
de miniaturisation.
Les cinq grands domaines technologiques de l’économie franc-comtoise
sont la (micro)mécanique, l’horlogerie, l’automobile, le traitement
de surface et la plasturgie.
- La mécanique et la micromécanique,
1000 entreprises, 20000 salariés, 8ème région française,19 % de
hausse du nombre d’emplois entre 1994 et 1999. Ce sont de petites
entreprises souvent familiales et très diversifiées quant aux marchés,
résistant relativement bien aux fluctuations économiques. Le pôle
de compétitivité des microtechniques pourrait apporter un soutien
en veille technologique à ces entreprises en les aidant à identifier
des domaines émergents mais stratégiques pour l’industrie locale.
- L’horlogerie, 120 entreprises, 3300
salariés, 1ère région, 25 % de baisse (sur la même période). Il
s’agit d’entreprises localisées à la frontière Suisse, dépendant
partiellement du marché des montres de luxe. Comme pour la micromécanique,
le pôle de compétitivité pourrait permettre d’identifier et d’expérimenter
de nouvelles technologies pour ces entreprises.
- L’automobile, 61 entreprises, 28
000 salariés, 2ème région, 3 % de baisse sur la même période. Les
microtechniques prennent une part croissante dans ce marché avec
la multiplication des capteurs et systèmes automatiques dans les
véhicules automobiles.
- Le traitement de surface, 120 entreprises,
2200 salariés, 3ème région, 18 % de hausse. Ce domaine important
des microtechniques est en forte progression, et prend de plus en
plus d’importance dans l’industrie locale.
- La plasturgie, 220 entreprises,
6900 salariés, 9ème région, 13 % de hausse. Ce domaine est intéressant
à plusieurs titres : le plastique joue un rôle croissant en connectique
et packaging. Associé aux autres technologies des microtechniques,
il permet de réaliser des fonctions variées à particulièrement faible
coût.
| La Franche-Comté possède donc un potentiel industriel en croissance
dans plusieurs domaines liés aux micro-objets (micromécanique,
plasturgie, traitement de surface). Les laboratoires rattachés
au vaste domaine des Sciences de l’Ingénieur, et qui se sont
développés dans ce contexte, sont pour la plupart historiquement
liés à l’horlogerie ou la micromécanique. |
I - 2 Un environnement technologique favorable
La Franche-Comté occupe une place centrale en Europe à proximité
de la Suisse et de l’Allemagne avec lesquelles diverses collaborations
dans le domaine des Microtechniques ont été menées dans le passé.
De plus, sa proximité avec le Pôle Microélectronique de Rhône-Alpes
lui permet d’envisager des échanges sur des domaines complémentaires.
Un pôle important en physique avancée (en particulier en Nanosciences)
existe à Dijon, et des laboratoires centrés sur les matériaux se
sont développés à Troyes, Nancy, Strasbourg et Mulhouse. Cet environnement
est tout-à-fait favorable pour un développement des Microtechniques
en Franche-Comté.
Une démarche de structuration régionale est d’ailleurs en cours
: il s’agit de la création du pôle Nanosciences Grand-Est , créé
en 2004 par le ministère de la Recherche avec comme membres fondateurs
Besançon, Nancy et Strasbourg.

I - 3 Des laboratoires publics historiques
et reconnus internationalement dans le domaine des Microtechniques
Du point de vue de la recherche publique, il existe en Franche-Comté
depuis plusieurs décennies une concentration particulièrement remarquable
de laboratoires publics du domaine des Sciences de l’Ingénieur,
dont la plupart sont associés au CNRS et reconnus internationalement.
La structuration de ces laboratoires sur le domaine des microtechniques
a débuté dès le début des années 1990. Au début des années 1990,
à la suite de l’émergence des technologies des « Microsystèmes »
(ou « MEMS » aux Etats-Unis ou encore « Micromachines » au Japon),
il a été décidé de créer l’Institut des Microtechniques de Franche-Comté
(IMFC), fédérant 6 de ces laboratoires en sciences de l’ingénieur.
La part de l’activité de ces laboratoires liée aux microtechniques
a donc été gérée conjointement sous la houlette du Directeur de
l’IMFC, avec la volonté d’explorer le domaine innovant des microtechniques
basées sur les procédés de fabrication de la microélectronique.
L’IMFC a fédéré ce secteur pendant 10 ans, en permettant la constitution
d’une plateforme technologique commune d’envergure nationale et
en suscitant des programmes de développement spécifiques.
Récemment, 5 des laboratoires fédérés par l’IMFC ont effectué un pas supplémentaire en fusionnant
purement et simplement pour créer l’Institut FEMTO-ST, qui remplace donc l’IMFC à présent.
Les laboratoires composant l’IMFC étaient les 6 unités de recherche suivantes :
> Le CREST (Centre de Recherche sur les Ecoulements Surfaces et
Transferts), localisés sur les sites de Belfort et de Montbéliard,
qui a des activités centrées sur les Matériaux pour les Microtechniques,
les Nanosciences et les Capteurs, (notamment pour le domaine biomédical)
ainsi que l’instrumentation et la caractérisation en fluidique et
thermique
> Le LAB (Laboratoire d’Automatique de Besançon), situé sur le
site de Besançon TEMIS, qui a des activités dans les domaines de
la « Micro-robotique », et de la « Productique »
> Le LCEP (Laboratoire de Chronométrie, Electronique et Piézoélectricité),
situé sur le site de Besançon TEMIS, qui a des activités, relevant
du « Temps-Fréquence », historiquement issu de l’horlogerie
> Le LMARC (Laboratoire de Mécanique Appliquée Raymond Chaléat),
situé sur le site de Besançon TEMIS, qui a des activités en mécanique
du solide dans le domaine des matériaux, composants, structures,
biomécanique, systèmes et microsystèmes
> Le LOPMD (Laboratoire d’Optique Pierre-Michel Duffieux), situé
à Besançon « La Bouloie », qui a des activités en optique Non-linéaire,
la Nano-optique et Microscopie optique en Champ proche, l’Opto-électronique,
la Nanométrologie Optique pour les Sciences du vivant
> Le LPMO (Laboratoire de Physique et Métrologie des Oscillateurs),
situé à Besançon « La Bouloie », qui a des activités sur les « Ondes
électromagnétiques, optiques et acoustiques » ainsi que sur les
« Microsystèmes et Microtechnologies »
- Rapidement, une activité en Nanotechnologies s’est également
organisée au sein de l’Institut des Microtechniques dans la perspective
d’une intégration de ces nouvelles technologies à des produits industriels.
- En parallèle avec l’IMFC, il a été décidé de créer le « Centre
de transfert en Microtechniques » (CTM) pour assurer la diffusion
vers l’industrie des technologies étudiées à l’IMFC. Le CTM a été
crée en 1999 sous la forme d’un GIP entre l’IMFC, le CETEHOR (Centre
technique de l’Horlogerie) et 6 partenaires du secteur privé (CHEVAL
FRERES, ISA FRANCE, FRAMATOME CONNECTEURS INTERNATIONAL, PZT INTERNATIONAL,
HEF, TECHNOTIME) auxquels se sont joints RADIALL et FAURE par la
suite. La mission du CTM consistait à développer et transférer à
l’industrie des technologies micromécaniques et des technologies
de salle blanche développées dans les laboratoires, il se chargeait
également de réaliser des prototypes où des petites séries permettant
à l’industrie d’évaluer la faisabilité de nouvelles technologies.
I - 4 Des évolution structurelles récentes
: de l’IMFC à l’Institut FEMTO-ST
Au premier Janvier 2004, la plupart des laboratoires composant l’IMFC
(CREST, LCEP, LMARC, LOPMD, LPMO) ont fusionné pour créer une unité
de recherche unique nommée FEMTO-ST (Franche-Comté Electronique
Mécanique Thermique et Optique – Sciences et Technologies). Cette
nouvelle organisation de la recherche publique en Franche-Comté
dans les domaines des « Sciences et Technologies de l’Information
et de la Communication » (STIC) et des « Sciences Pour l’ingénieur
» (SPI) permet de mieux animer le secteur des Microtechniques en
Franche-Comté. L’unité FEMTO-ST est donc une unité de recherche
mixte CNRS (UMR 6174), qui regroupe 350 personnes (dont 200 permanents),
et qui est structurée en 17 équipes de recherche. Les activités
de recherche de FEMTO-ST sont à présent regroupées en 4 axes : (I)
Microfabrication Micro & Nanosystèmes, (II) Ingénierie Biomédicale,
(III) Temps-fréquence et télécommunications, (IV) Energie et environnement.
Les laboratoires qui constituent aujourd’hui FEMTO-ST sont tous
issus de l’IMFC, les microtechniques occupent donc une part très
importante des activités de FEMTO-ST.
De plus, FEMTO-ST est étroitement associé au Centre de Transfert
des Micro et Nano technologies (voir ci-dessous), avec lequel le
laboratoire collaboration depuis 15 ans, et qui valorise les recherches
menées par FEMTO-ST vers le milieu industriel.
II • LES LABORATOIRES PUBLICS DU POLE
II - 1 L’institut FEMTO-ST
Ce laboratoire, réunissant environ 350 chercheurs, enseignants-chercheurs,
ingénieurs, techniciens et doctorants, a été crée pour améliorer
la visibilité et l’attractivité de la recherche publique en Franche-Comtéainsi
que la notoriété des formations qui lui sont liées. En outre, la
mutualisation d’équipements technologiques a permis d’identifier
une plate-forme technologique d’envergure, déterminante pour renforcer
l’interface avec l’économie locale. FEMTO-ST veut ainsi contribuer
à identifier la Franche-Comté comme région d’innovation et de création
de richesses fondées sur les nouvelles technologies comme les microsystèmes
et la micromécatronique, les micro et nanotechnologies pour la santé,
l’énergie dans les transports et les objets nomades, ou encore les
télécommunications. Le principal atout de l’unité FEMTO-ST est sa
capacité à mener à bien des recherches pluridisciplinaires nécessitant
des compétences de haut niveau en mécanique, électronique, optique,
thermique et énergétique. FEMTO-ST souhaite également regrouper
géographiquement sur le site de « TEMIS-Innovation » ses moyens
technologiques de microfabrication (plateforme MIMENTO).
L’unité FEMTO-ST est constituée de 17 équipes de recherche regroupées
en 5 départements qui sont pour le moment identiques aux anciens
laboratoires ayant fusionné. Une description rapide des activités
de ces départements est donnée ci-dessous :
> Le Département CREST (Caractérisations
et Recherches sur les Ecoulements, Surfaces et Transferts),
dont les activités sur le site de BELFORT-MONTBELIARD remontent
à 1973, a intégré le laboratoire FEMTO-ST en 2004. Sur le site de
Belfort, ses activités sont centrées sur l’instrumentation et la
caractérisation en fluidique et en thermique (métrologie optique
dans les fluides - modélisation, caractérisation de microsystèmes
thermofluidiques – microcapteurs thermiques). Sur le site de Montbéliard,
elles concernent plus particulièrement les matériaux pour les Microtechniques,
les Nanosciences et les Capteurs (microscopies AFM/STM pour l’étude
de la croissance de nanostructures sous ultra-vide - interactions
entre la matière et les rayonnements ionisants, notamment pour le
domaine biomédical - élaboration et caractérisation de nanocomposites
et de films carbonés).
> Le Département LMARC (Département de Mécanique
Appliquée) regroupe actuellement une centaine de personnes
sur le site de Besançon – TEMIS. L’activité scientifique du département
porte sur la mécanique du solide dans le domaine des matériaux,
composants, structures, biomécanique ainsi que des systèmes et microsystèmes.
On y trouve quatre équipes de recherche structurées : (I) Propriétés
Mécaniques des Matériaux, (II) Modélisation et Mise en Forme des
Matériaux, (III) Dynamique des Structures, (IV) Biomécanique et
Mécanismes. Les recherches du Département LMARC en font un membre
important de l’Institut de Productique ainsi que de l’Institut des
Transports Terrestres de Franche-Comté.
> Le Département LCEP (Département de Chronométrie,
Electronique et Piézoélectricité) est localisé à l’ENSMM,
sur Besançon - TEMIS. Depuis sa création en 1902 ses activités ont
évolué de la chronométrie à la micromécanique, puis à la piézoélectricité
qui est toujours à la base de son activité actuelle. Ses recherches
correspondent à cinq domaines : oscillateurs piézoélectriques de
très haute stabilité et Métrologie « Temps-Fréquence » - résonateurs
piézoélectriques - capteurs et transducteurs à sortie de fréquence-
micro-usinage chimique anisotrope et applications - caractérisation
des matériaux piézoélectriques ou piézorésistifs. Il possède des
moyens agréés par le CNES pour la fourniture de résonateurs « qualifiés
spatialement » ainsi que de moyens de mesure des oscillateurs de
très haute stabilité.
> Le Département LPMO (Département de Physique
et Métrologie des Oscillateurs) a été crée en 1958 par le
professeur A. Kastler (prix Nobel de Physique) et devient une unité
propre de recherche du CNRS en 1974. Ses recherches sont orientées
vers le « temps-fréquence », la métrologie de précision et l’acoustique.
Depuis 1990, il a orienté la moitié de son activité vers les "microsystèmes,
ainsi que les micro et nano technologies". Le LPMO a participé activement
à la promotion des technologies de microsystèmes, à la création
de l’IMFC, et de la filière d’ingénieurs "Instrumentation et Techniques
Biomédicales" de l'Institut Supérieur d'Ingénieurs de Franche- Comté
de l'UFC (ISIFC).
> Le Département LOPMD (Département d’Optique
P.M. Duffieux) est un laboratoire qui a existé sans discontinuité
depuis 1845. Il a participé à toutes les recherches de niveau international
en optique (Optique de Fourier et Filtrage Spatial en 1945, Hologrammes
géants en 1977, Optique intégrée1986, Microscopie Optique en champ
proche en 1988, Optique non-linéaire en 1988, Cryptage optique et
quantique en 1996, Optique appliquée au Biomédical en 1999). Il
comporte environ 100 personnes dont 40 étudiants en thèse. Les recherches
sont organisées en 4 équipes dont les 3 premières relèvent directement
des micro et nano technologies : (I) Nanométrologie et Microsystèmes
pour les Sciences du vivant, (II) Nano-optique et Microscopie optique
en Champ proche, (III) Opto-électronique, (IV) Optique Non-linéaire.
Outre ses recherches disciplinaires, l’unité FEMTO-ST
a lancé 15 projets pluridisciplinaires organisés en 4 axes :
-
AXE 1. MICROFABRICATION, MICRO & NANO SYSTEMES
Il s’agit d’abord d’étudier la fabrication de matériaux pour les
microsystèmes ainsi que des techniques de mesure de leurs propriétés
mécaniques. D’autres projets concernent des micro-composants (micro-nano
antennes, composants acousto-optiques), ainsi que des systèmes complexes
(systèmes de nanolithographie par exemple).
- AXE 2. INGENIERIE BIOMEDICALE
Cet axe prometteur est en rapide développement et concerne l’étude
de microlaboratoires sur puces, de méthodes de visualisation ou
de microsystèmes agissant sur des cellules ou des molécules biologiques.
En outre, des travaux de biomécanique et des études sur l’impact
de rayonnements ionisants sur le vivant sont également en cours.
- AXE 3. TEMPS-FREQUENCE ET TELECOMMUNICATIONS
Il s’agit d’explorer les limites des performances d’oscillateurs
ou de miniaturiser des horloges atomiques. Ces travaux s’appliquent
aussi bien à des oscillateurs à quartz pour des applications de
navigation qu’à des oscillateurs micro-ondes pour la métrologie
avancée. Les horloges atomiques étudiées nécessitent des compétences
pluridisciplinaires en électronique, optique et physique atomique.
- AXE 4 : ENERGIE ET ENVIRONNEMENT
Il s’agit d’étudier des microgénérateurs d’énergie portables, des
piles à combustible et leur stockage d’hydrogène associé, ou encore
des échangeurs thermiques. Un effort particulier est effectué sur
des systèmes intelligents distribués permettant le contrôle de bruit
acoustique, de vibrations, ou encore d’écoulements aérodynamiques.
On voit donc à la lecture de ces thèmes de recherche que les Microtechniques
occupent une part importante des thématiques de recherche de FEMTO-ST
II - 2 Le LAB
Le LAB (Laboratoire d’Automatique de Besançon) est une unité associée
au CNRS d’environ 55 personnes, dont les activités de recherche
sont structurées autour de trois groupes :
- Le groupe Microrobotique et Micromécatronique
vise le développement de cellules microrobotiques flexibles intégrant
des microrobots de manipulation (incluant « Micromanipulation et
Micro-actionneurs » mais aussi « Perception et Stratégies de Commande
avancées ») pour permettre le développement de plates-formes microrobotiques
automatisées de micromanipulation.
- Le groupe Micro-usine s’intéresse
aux micro-systèmes de production, permettant de réaliser la fabrication
et l’assemblage de très petits produits (systèmes micromécatroniques,
MEMS…). Une micro-usine serait portable, à faible consommatrice
d’énergie et donc respectueuse de l’environnement.
- Le groupe Productique a pour objectif
la conception et le développement de systèmes de production intelligents,
flexibles et fiables (incluant « ingénierie de l’assemblage et du
désassemblage », « interactions socio-techniques en conception et
production intégrée », et « maintenance et la sûreté de fonctionnement
»), la maintenance méthodes permettant la prévention des défaillances,
leur identification et leur maîtrise.
Il mène diverses collaborations avec le laboratoire d’informatique
et FEMTO-ST. Il est également partenaire de groupements de recherche
nationaux (MACS, RTP Microrobotique), et collabore avec des partenaires
suisses dans le cadre de projets du « LEA Microtechniques » (voir
plus loin).
II - 3 Le LMS
Il s’agit d’une équipe de 35 personnes située à l’ENSMM (sur TEMIS),
et dont l’activité est centrée sur l’ingénierie
et la fonctionnalisation des surfaces avec études et modélisations
des transferts d'énergie et de matière aux interfaces.
Ses thèmes de recherche couvrent la métrologie des surfaces, la
tribologie, l’évaluation sensorielle des surfaces, les revêtements
par voie sèche, la préparation des surfaces et la modélisation des
transferts de matière et d’énergie aux interfaces.
Ses moyens matériels comprennent les traitements de surface par
voie sèche (PVD,CVD ), la caractérisation physico-chimiques des
surfaces par MEB, AFM, la caractérisation géométriques de ces surfaces
(MMB, MOB), leur caractérisation fonctionnelle des tribomètres et
micro-tribomètres, un pégosimètre, et un scléromètre.
II - 4 Le LCMI
Les recherches menées au « Laboratoire de Chimie des Matériaux et
Interfaces » (LCMI) sont orientées vers la Fonctionnalisation
et la modélisation des Surfaces et des Interfaces.
L’étude de la fonctionnalisation des surfaces s’appuie sur des
études de morphologie et de réactivité des surfaces, sur l’étude
des propriétés des solutions d’électrolytes utilisées, et enfin
sur l’étude de la structure et des propriétés des interfaces « surface-solution
». Dans ce cadre, les techniques développées concernent la
synthèse de matériaux (polymères, éventuellement fonctionnalisés
par des matériaux moléculaires), le greffage
ou l’adsorption de molécules sur les surfaces, l’élaboration
et la caractérisation de matériaux nanostructurés
(minéraux, organiques ou composites) et de couches minces, la modification
des étapes de transfert de matière ou d’adsorption au moyen par
exemple d’ultrasons. Pour cela, il est nécessaire de savoir caractériser
la structure des interfaces ainsi que leurs propriétés électriques,
tribologiques ou physico-chimiques.
Le LCMI a également développé des compétences théoriques en modélisation
sur les électrolytes, le transport dans les matériaux poreux ou
les interfaces, les effets de cavitation dus aux ultrasons, l’adsorption
de particules ou de macromolécules sur une surface.
Enfin, les applications de ces recherches concernent les capteurs
(d’ions, de molécules, de protéines), des techniques de micro- ultra-
et nanofiltration, des techniques d’encapsulation de principes actifs
(agents anticorrosion, médicaments). D’autre part elles permettent
d’améliorer les traitements de surfaces (en particulier pour la
connectique et l’aéronautique), les couches minces pour l’optoélectronique
ou le stockage magnétique.
II - 5 Le LPM
Le Laboratoire de Physique Moléculaire (LPM) est une unité associée
au CNRS totalement dédiée à la physique théorique, avec l’ambition
d’interpréter les résultats d’expériences dans d’autres laboratoires
internationaux. La thématique rattachée au pôle microtechnique est
celle des nanosciences qui consiste à développer des études conceptuelles
de capteurs ultra sensibles de traces de gaz en utilisant des nanotubes
de carbone, des études théoriques de croissance de nanostructures
sur des surfaces métalliques, des études du transport d’information
dans des nanofils métalliques ou moléculaires (vibrons, électrons,
magnons).
Les principales productions du LPM sont donc des publications
dans des revues internationales à haut facteur d’impact en collaboration
avec des instituts expérimentaux internationaux.
L’investissement en matériel de ce laboratoire concerne essentiellement
les moyens de calculs (achat de clusters, de quadri processeurs).
III • UNE R&D INDUSTRIELLE EN COURS DE STRUCTURATION
III - 1 Présentation
La nature des recherches effectuées par les sociétés franc-comtoises
de microtechniques découle très directement de la nature du tissu
industriel concerné. Les principales caractéristiques de ces activités
de recherche sont décrites ci-dessous :
• Une recherche pragmatique :
La recherche franc-comtoise effectuée par les industriels dans le
domaine des microtechniques est généralement pilotée par les applications
à moyen terme visées par ces industriels. Les thèmes de recherche
choisis sont ainsi souvent déterminés par :
- des opportunités qui se dégagent pour étudier de nouveaux produits
en utilisant les compétences technologiques de la société. La société
a alors identifié des applications ou des produits dont le concept
a déjà été défini par ailleurs, et elle se propose d’utiliser sa
technologie pour permettre la réalisation de ces applications ou
ces produits.
- la nécessité de répondre aux souhait de donneurs d’ordres en mettant
au point les techniques nouvelles permettant de réaliser des pièces
ou des fonctions qui ne pouvaient pas être réalisées jusqu’alors.
Les composants à réaliser sont alors parfaitement définis par des
spécifications.
- la nécessité d’améliorer des produits ou des procédés de fabrication
qui doivent être plus performants pour obtenir une augmentation
de la productivité ou bien une baisse des coûts, afin de pouvoir
faire face à la concurrence d’un point de vue économique.
Il s’agit donc de travaux de recherche « pilotés par l’aval »
qui suivent des demandes précises exprimées par le marché ou bien
par les clients des sociétés.
• Une recherche non centralisée :
Les structures de recherche des entreprises franc-comtoises sont
en général des petites équipes qui sont souvent très proches des
impératifs de production des entreprises. Ces équipes sont dispersées
sur le territoire régional et ont relativement peu d’occasions de
communiquer entre elles. Il est probable qu’un certain nombre de
redondances existent entre les recherches effectuées par des entreprises
différentes.
• Les entreprises de haute technologie
Il existe en Franche-comté un certain nombre d’entreprises « de
haute technologie », le plus souvent issues de centres de recherche
publics, qui consacrent une part très importante de leurs activités
à des actions de recherche et développement. On peut citer par exemple
AR-ELECTRONIQUE, IMASONIC, PHOTLINE, SILMACH, NANOBIOGENE, BIOEXIGENCE
qui visent la production de composants et dispositifs s’appuyant
fortement sur des activités de R&D.
• Les entreprises de recherche sous contrat
Des entreprises comme MMT, ou STATICE SANTE ont pour vocation d’effectuer
de la recherche sous contrat pour des clients industriels variés.
Les activités de ces sociétés visent l’étude et la réalisation de
nouveaux composants, dispositifs (micro-actionneurs, micro-solénoides,
micropièces pour le biomédical), ou encore de machines de microfabrication.
Ces entreprises représentent un potentiel de 65 personnes en Franche-Comté.
• La recherche effectuées par les sociétés de production
Ces sociétés (PMPC, SIMONIN, CICAFIL, AUGE DECOUPAGE, IMTEC, JEAN
MONNIER, …) ont une activité de recherche qui est presque exclusivement
orientée vers l’amélioration des procédés de microfabrication qu’elles
utilisent. Quelques sociétés de production ont également pour objectif
de créer de nouveaux produits VIBRASENS (accéléromètres, capteurs
de pression), SCHRADER (valves), POLYCAPTIL sont par exemple dans
ce cas.
III - 2 Importance quantitative de la R&D
industrielle
Les activités de R&D des industriels franc-comtois des microtechniques
se résument aux quelques chiffres suivants :
- Effectif : 150 à 200 personnes
- Budget annuel : environ 5 M€
- Productions de brevets : 20 brevets par an
- Quantité totale de brevets détenus : environ 100 brevets
III - 3 Une amorce de structuration régionale
: le Comité des Microtechniques
La structure morcelée des activités industrielles franc-comtoises
en microtechniques ne permet pas de mettre en place des projets
d’envergure nécessitant des recherches simultanées dans plusieurs
domaines technologiques différents pour faire aboutir de manière
coordonnée des travaux de recherche à plusieurs niveaux (matériaux,
composants, systèmes, applications). Cette coordination pourrait
être assurée par un grand groupe donneur d’ordres qui n’existe malheureusement
pas dans le domaine des microtechniques en Franche-Comté.
Pour remédier à cette situation, le Comité des Microtechniques
- regroupement de quelques PME des microtechniques - a commencé
à définir un ensemble d’objectifs de recherche communs qui permet
d’identifier les grandes lignes d’une politique de R&D concertée
pour l’ensemble de PME franc-comtoises du domaine des microtechniques.
Cette volonté de coordination a un effet positif immédiat dans
la mesure où elle permet de rendre plus lisibles les besoins des
entreprises des microtechniques en matière de R&D, et par conséquent
de mieux impliquer les structures de recherche universitaires dans
des partenariats de longue durée.
Par ailleurs, cette volonté de structuration peut être un premier
pas vers une organisation de type coopératif de la R&D industrielle
franc-comtoise en microtechniques. Une telle organisation devrait
mutualiser les activités de recherche amont d’un grand nombre d’entreprises,
en fixant un ensemble d’objectifs communs ayant des retombées sur
les activités de l’ensemble des partenaires. Ces objectifs pourraient
être atteints en mutualisant des ressources de recherche (ingénieurs,
équipements, savoir-faire) entre des entreprises différentes, et
permettrait assurément d’intensifier fortement la coopération avec
la recherche publique régionale.
IV • MIMENTO : UNE PLATEFORME DE MICROFABRICATION
D’ENVERGURE NATIONALE
La plate-forme technologique de Franche-Comté a été développée
par l’Institut des Microtechniques de Franche-Comté à partir de
1990. Il s’agit d’un ensemble d’équipements lourds destinés à la
microfabrication et gérés par des personnels affectés spécifiquement
à cette plate-forme. L’objectif consistait à disposer d’une infrastructure
technologique de qualité dans le domaine des Microsystèmes. Elle
a toujours été ouverte aux laboratoires de l’Université de Franche-Comté
(chimistes, pharmaciens, biologistes), aux ingénieurs du Centre
de Transfert des Microtechniques, aux laboratoires publics et privés
extérieurs et aux industriels.
En 2001, le CNRS et le Ministère de la Recherche ont accordé à
l’IMFC le label de « plate-forme spécifique ». Cette plate-forme
a une vocation à la fois nationale et régionale. Elle est partagée
par les membres du pôle microtechnique franc-comtois.
En 2004, la centrale de technologie franc-comtoise « MIMENTO »
a été labellisée par le ministère de la recherche comme un équipement
d’envergure nationale. Elle fait maintenant partie des 6 centrales
de technologie du réseau RTB (réseau des technologies de base) en
micro & nano technologies.
L’originalité de l’approche franc-comtoise est la mise en place
d’une plate-forme mixte combinant micro- et nano fabrication en
salle blanche d’une part, et atelier pilote (manufacturing center)
d’autre part. Il s’agit d’ancrer la région franc-comtoise dans des
thématiques complémentaires avec les autres grandes régions technologiques
françaises avec un positionnement orienté micromécanique (silicium,
traditionnelle et hybride) s’appuyant sur des domaines de compétence
qui ont fait sa renommée, tels que la mécanique (LMARC), l’optique
(LOPMD), le temps-fréquence (LPMO), les matériaux piézo-électriques
et leur usinage (LCEP).
La plateforme s’est également développée dans le domaine des nanotechnologie
(nano-optique, nano-mécanique, nano-électronique), qui est politiquement
perçu comme un des grands chantiers d’avenir,. Malheureusement,
l’industrie est encore peu motivée pour financer les recherches
dans ce domaine.
IV -1 La politique d’équipement
Depuis plus de 10 ans, l’IMFC s’est attaché à développer des
filières proches de la micromécanique, en recherchant une complémentarité
avec les filières développées dans les autres centres nationaux
:
• Filière de microfabrication à grand facteur de forme par usinage
de volume du silicium en attaque chimique humide ou sèche (DRIE),
ainsi que par la technique LIGA (fabrication de micro-moules en
PMMA, dépôts électrolytiques de pièces métalliques, réplication
par micromoulage plastique)
• Filière de microfabrication sur substrats piézoélectriques, diélectriques
et MOEMS : micro-usinage du quartz (unique en France), couches minces
piézoélectriques (AlN), guides optiques et acoustiques sur LiNbO3,
LiTaO3 , quartz, SiO2, oxynitrures, Si3N4, micro-imprint sur matériaux
amorphes et silicium
• Filière Micromécanique hybride (silicium combiné à d’autres techniques
traditionnelles de la micromécanique) avec le Centre Technique des
Microtechniques (CTM), pour les Technologies « back-end » et le
Micropackaging (simple ou collectif)
• Nanotechnologies spécifiques pour les télécommunications et les
biotechnologies utilisant l’usinage FIB ou e-beam, ainsi que les
technologies de silicium poreux ou de monocouches auto assemblées
IV - 2 Les composantes de la plate-forme de
microfabrication
La plate-forme de microfabrication de Franche-Comté comprend
les sous-ensembles suivants :
- La CENTRALE DE TECHNOLOGIE, regroupant l’ensemble des
équipements qui sont destinés à une utilisation en salle blanche.
Cette centrale de technologie comprend elle-même deux modules
qu’il convient de distinguer :
(I) Le module « microfabrication en salle blanche », indispensable
pour le développement de l’activité microsystème est basée
sur l’acquisition des éléments nécessaires à la réalisation
de microstructures actives ou passives pour la mécanique,
l’acoustique, la thermique et l’optique. La plate-forme de
Besançon dispose ainsi de 370 m2 de salle blanche (classe
10 000, localement 100) et 230 m2 de salles grises et de chimie
:
- Sites CNRS/UFC : 120 m2 au LOPMD, 25 m2 au LPMO,140 m2 à
l’IMFC/LPMO
- Site CTM : 85 m2 au Centre de Transfert des Microtechniques
(CTM)
(II) Le module « nanofabrication et nanocaractérisation »
qui prend en compte l’évolution de ces dernières années vers
une technologie de plus en plus miniaturisée avec les problèmes
de physique fondamentale associés.
- L’ATELIER-PILOTE (manufacturing center) qui est en cours
de constitution depuis quelques années. Il regroupe l’ensemble
des matériels de microfabrication qui ne font pas partie des
ressources de salle blanche (injection, réplication, estampage,
découpage, procédés laser etc.). Il est destiné à la dynamisation
du tissu microtechnique local : il s’agit de fournir aux centres
de transfert (tels que le CTM), aux centres de recherche et
formation à finalité plutôt appliquée voire industrielle (telle
que l’ENSMM) des outils nouveaux pour un usinage plus traditionnel.
Dans cet esprit, une scie numérique haute précision utilisée
conjointement par l’IMFC (pour l’activité microsystème) et
par le CTM (pour l’activité plus traditionnelle) a été acquise
en janvier 2002. En outre, un bâti de micromoulage et un bâti
de micro-électro-érosion pour réaliser les micromoules ont
été acquis en 2004
|
L’objectif est de développer ces activités de manière équilibrée
sur les axes « centrale de technologie » et « atelier pilote »,
afin de construire une spécificité au plan national fondée sur les
synergies entre les technologies de salle blanche et les technologies
de microfabrication héritées de la micromécanique.
Dans la centrale de technologie, l’industrie est présente via des
contrats de recherche. Elle est toutefois peu présente dans le module
nanotechnologie, qui semble encore trop amont pour l’intéresser.
Un certain nombre d’opérations ont toutefois pu être menées avec
les industriels dans ce domaine en émergence (exemple, des caractérisations
par nano-indentation).
• Les ressources de la centrale de technologie
Pour des raisons historiques, les locaux de la plateforme de technologie
ont été distribués sur plusieurs sites repérés sur le schéma suivant
:

Les matériels affectés à la plate-forme de microfabrication représentent
6 MÛ d’équipements technologiques. Ils sont divisés en un certain
nombre de ressources : « couches minces », « Photolithographie »,
« Chimie », « Gravure », « Ecriture directe », « Traitements thermiques
», « Caractérisation », « Implantation ionique »,« Connectique et
Packaging » pour la centrale de technologie. « Micro-usinage des
métaux », « Micro-usinage laser », « Micro-usinage des polymères
», « Micro-usinage des matériaux durs » pour l’atelier-pilote.
Un certain nombre de personnels sont explicitement affectées à
des travaux technologiques. Ces personnels sont répartis sur plusieurs
départements de FEMTO-ST. Par ailleurs, des personnels du CTM participent
clairement à la maintenance du parc d’équipements et à l’offre de
service technologique. Le nombre de personnes affectées à la centrale
(en incluant les personnels du CTM) en 2004 était de 17 permanents
(6 IR, 2 IE, 2 AI, 3 T) + 2 AI CDD.
• Les partenariats avec d’autres plate-formes
technologiques
Les principaux partenariats avec d’autres plate-formes technologiques
sont les suivants :
En FRANCE : L’IMFC a été partenaire actif du réseau INTERLAB des
plate-formes technologiques universitaires françaises. A ce titre,
il a participé en 2000 à la réalisation d’un démonstrateur faisant
intervenir plusieurs plateformes technologiques, en se chargeant
des aspects de « packaging ». Des échanges fréquents existent avec
les plateformes françaises (échanges d’informations, travaux sur
demande en cas d’urgence, etc.).
En SUISSE :
- Un accès à la technologie du CSEM (Centre Suisse l’Electronique
et de Microtechnique) est possible dans le cadre de la convention
du LEA Franco-Suisse « Microtechniques ».
- Le CMI (Centre de MicroNanoTechnologie de l’Ecole Polytechnique
Fédérale de Lausanne) est un partenaire important : certaines opérations
technologiques qui ne pouvaient pas être réalisées à Besançon (gravure
profonde du silicium, ou certains dépôts chimiques) ont pu être
réalisées par des personnels de FEMTO-ST en mission au CMI.
• L’ouverture aux demandes extérieures
La plate-forme de Franche-Comté a toujours réalisé des travaux pour
des partenaires extérieurs, qu’ils soient industriels ou universitaires.
Cette politique permet de rentabiliser des investissements technologiques
lourds en les mettant à disposition du plus grand nombre, et d’enrichir
le savoir-faire disponible par la résolution de problèmes nouveaux
et variés posés par ces partenaires.
Le principal partenaire de l’IMFC pour assurer les missions de
service et de transfert est le Centre de Transfert des Micro et
Nanotechnologies (CTMN) : les travaux de transfert se font principalement
sous forme de prestations de service technologiques. Le centre de
transfert reprend les résultats de la recherche pour en faire des
compétences bien maîtrisées, qu’il pourra bien mieux valoriser auprès
des partenaires industriels. Cette fiabilisation des technologies
profite également aux chercheurs qui peuvent sous-traiter les opérations
techniques de base en évitant de les réinventer à chaque fois.
Ainsi, le CTM utilise quotidiennement les équipements de la plate-forme
MIMENTO, dont certains sont situés dans les locaux du CTM. De même
un technicien CNRS peut être momentanément affecté au CTM pour participer
à la fiabilisation de certains procédés.
En réponse à des demandes de la part de l’industrie ou d’universitaires
extérieurs, le CTM se charge systématiquement d’assurer les prestations
de service, alors que l’IMFC se charge plutôt d’assurer une participation
aux projets ayant une finalité de recherche marquée. En 2003 la
plate-forme de Besançon a ainsi réalisé 21 fois des travaux de microfabrication
pour 15 partenaires différents.
V • DES MICROTECHNIQUES AUX NANOTECHNOLOGIES
V - 1 Que sont les nanotechnologies ?
Il s’agit de l’étude, la fabrication et la manipulation de structures
de dimension nanométrique
• La création d’objets à partir de structures
élémentaires (approche «bottom-up »)
Il s’agit d’une révolution conceptuelle : la fabrication de structures
complexes peut être envisagée en empilant des d’atomes, des molécules,
ou encore des objets nanométriques. L’approche bottom-up est considérée
par certains comme la véritable définition de la nanotechnologie.
Tous les domaines technologiques sont concernés. Il s’agit sans
aucun doute d’une révolution en marche vers de nouveaux produits,
de nouveaux concepts, même s’il reste encore beaucoup de problèmes
à résoudre..
 |
Atome de fer sur cuivre
« L’atome » ou « l’enfant originel
»
Propriété IBM |
Construction d’un anneau moléculaire
préfigurant un stator de moteur |
Les domaines d’applications potentiels sont l’électronique moléculaire,
les sources d’électrons (écrans plats, klystrons, radiographie X
portable, etc.), les filtres ou capteurs moléculaires, les lubrifiants,
le renforcement des fibres de matériaux composites, les « actuateurs
» (muscles artificiels), le stockage d’hydrogène ou lithium, les
nanofils métalliques, les puces ADN, ou encore l’adhésion de peinture
sur les pièces plastiques…
• La descente en dimension ou l’approche «
top-down »
Il s’agit de l’évolution de la micro à la nanotechnologie. La mise
en oeuvre de nouveaux outils tels que e-beams, FIB, AFM, etc. permet
de retirer ou ajouter de très faibles quantités de matière à une
structure. Les applications sont à court terme dans tous les domaines
de haute technologie (nanoélectronique, nanosystèmes). Un passage
des microtechniques à la nanotechnologie « top-down » est naturel
pour la Franche-Comté, terre de miniaturisation et de précision

Exemple d’usinage d’une fibre optique par
étirage puis par un faisceau ionique focalisé capables de réaliser
des trous de dimensions nanométriques.
- La Franche-Comté au coeur des Nanotechnologies
En 1989 le Laboratoire d’Optique P.M. Duffieux invente le microscope
tunnel optique, et lance la recherche française dans le domaine
des microscopes optiques à sonde locale. Besançon est devenu un
centre de renommée mondiale dans ce domaine. Le premier Congrès
International en Champ Proche (NFO : 14 pays représentés) a lieu
à Besançon. Aujourd’hui c’est LE grand congrès international biannuel
dans le domaine.Dans les années 90, La Franche-Comté devient le
foyer de la microscopie à sonde locale non conventionnelle (microscopes
optiques en champ proche, acoustiques, thermo-élastiques, électrostatiques,
etc.). Parmi les points forts moins médiatisables que les inventions
technologiques, on peut citer les efforts dans le domaine de la
théorie et de la modélisation qui font de la Franche-Comté un des
centres de référence dans l’analyse des interactions électromagnétiques
de tout genre à l’échelle du nanomètre.
La Franche-Comté possède quelques atouts majeurs qui en font un
partenaire complémentaire des centres de nanotechnologie actuels.
- L’optique par tradition depuis plus de 40 ans : un rôle précurseur
en nano-photonique
- L’acoustique moins ancienne, mais bien implantée nous a amenés
à la nano-phononique
- La thermique, également une tradition dans le centre et nord franc-comtois
- La mécanique une tradition séculaire, vers le domaine encore peu
exploré de la nanomécanique…
V - 2 Les divers travaux sur les nanotechnologies
en Franche-Comté
- L’étude des propriétés de nanostructures
et de leur fabrication
Des travaux en nano-optique (cristaux photoniques, cristaux phononiques,
tamis à photons) sont menés à FEMTO-ST. Il s’agit de structures
périodiques dont les propriétés peuvent être extraordinaires et
dont les applications sont immenses dans le domaine des composants
et des capteurs optiques. Ces travaux sont financés par le LEA «
µTechniques », par le programme national « ACI Nanosciences », et
par plusieurs projets européens (dont INTERREGIII). La fabrication
de ces structures est aussi un problème important sur lequel de
nombreuses études sont en cours. Citons également les travaux en
Bio-ingénierie sur les assemblages supramoléculaires avec des applications
dans le domaine des ligands ADN, les facteurs de transcription les
protéines de régulation les médicaments moléculaires l’ingénierie
macromoléculaire…
- Les études théoriques
Une équipe théorique (le LPM) travaille sur la modélisation théorique
de nanostructures afin de prévoir leurs propriétés et de déterminer
la structure la plus appropriée pour une application donnée. En
particulier, des travaux sur les nanotubes de carbone sont effectués
pour la détection d’espèces moléculaires : l’extrême sensibilité
de ces nanotubes de carbone et la présence de sites d’adsorption
spécifiques permet d’envisager ces composants comme des capteurs
de gaz très sélectifs. Une autre activité concerne la modélisation
de la croissance « spontanée » de nanofils ou de nanoréseaux métalliques
sur des surfaces.
- Les surfaces à l’échelle nanométrique
La plupart des propriétés des surfaces sont gouvernés par des phénomènes
qui ont lieu à l’échelle du nanomètre. Ces phénomènes modifient
l’adhésion des peintures, la mouillabilité de la surface, ses propriétés
de frottement etc. De même, les propriétés des surfaces peuvent
être modifiées en déposant des couches d’épaisseurs nanométriques
(on parle alors de fonctionnalisation de surfaces ou de « greffage
» de molécules). Ces traitements de surface permettent de modifier
le frottement, la résistance à l’usure, la résistance à la corrosion,
ou encore la dureté de la surface traitée. De nombreuses applications
sont possibles dans le domaine de la décoration, la connectique,
ou les revêtements techniques (permettant d’obtenir des propriétés
spécifiques tribologiques, magnétiques, chimiques, etc). La Synthèse
de revêtements nanocomposites permet d’améliorer de manière significative
les propriétés des surfaces : des empilements nanométriques (alternances
de couches d’épaisseurs nanométriques aux propriétés très différentes),
permet d’améliorer le coefficient de frottement, l’usure, la résistance
au brouillard salin etc. Pour étudier ces phénomènes, des compétences
particulières sont nécessaires : caractérisation fonctionnelle à
micro-échelle et nano-échelle, caractérisations physicochimiques
ou mécaniques à échelle nanométrique, détermination de propriétés
optiques et électriques de couches minces, mesures de l’adhésion
et des forces de surfaces à l’échelle micro et nanométrique. Plusieurs
laboratoires travaillent dans ce domaine en Franche-Comté (le LMS,
le LCMI, le LERMPS), et leurs activités de transfert sont menées
via un centre de transfert (l’ITSFC).
- La manipulation d’objets nanométriques
La visualisation et la manipulation d’objets de dimensions nanométriques
n’est pas une chose aisée : ces opérations nécessitent de mettre
en oeuvre des microactionneurs ainsi que des systèmes de micromanipulation.
En outre, un contrôle par télé-opération avec retour de force est
souvent indispensable pour permettre à l’opérateur de ressentir
les mouvements qu’il provoque à l’échelle du nanomètre. Ces technologies
sont activement étudiées par le Laboratoire d’Automatique de Besançon
(LAB).
- Sans oublier les mesures ultimes…
Des instruments de mesure spécifiques permettent de visualiser des
phénomènes de croissance de couches ultra-minces pour l’électronique
du solide et d’étudier des phénomènes d’épitaxie grâce aux STM et
AFM (FEMTO-ST-CREST). Pour cela, diverses sondes à l’échelle nanométrique
sont développées en Franche-Comté : le M-SThM (Multi-acquisition
Scanning ThermoAcoustic Microscope, de résolution 80 nm), un vibromètre
optique (résolution de quelques femtomètres !), le STOM et le SNOM,
(par exemple pour la caractérisation des circuits intégrés optiques,
de résolution 50 nm). Enfin, la plus petite sonde de température
du monde (nano thermocouple) a été réalisée à FEMTO-ST : elle permet
de mesurer la température locale dans un volume inférieur à un micron
au cube !
V - 3 En conclusion….
Il existe en Franche-Comté une activité en Nanotechnologies complémentaire
des autres centres européens avec des spécificités franc-comtoises.
Cette activité de recherche est ouverte sur un tissu industriel
apte à absorber les innovations des laboratoires, aussi bien en
microtechnique et microsystème que dans le domaine du transport
(nanocorrosion, nanopoudres, matériaux composites, lumière intelligente
dans les véhicules, pile à combustible…).
Il existe par ailleurs une dynamique forte créée, entre autres,
avec la création de FEMTO-ST (2004), de la Centrale de Technologie
Nationale (2004), du Centre de Transfert en Micro et Nanotechnologie
(2004), et du Comité des Microtechniques (2004). De plus, le salon
MICRONORA va évoluer vers un salon intégrant de manière explicite
la nanotechnologie. Nous assistons ainsi ces dernières années à
une véritable prise de conscience de la part de la recherche comme
de l’industrie, que la Franche-Comté a de réels atouts, et une volonté
affichée pour devenir un centre européen de référence dédié à la
Micro et à la Nano-mécanique et aux Technologies Associées
VI • IMPORTANCE QUANTITATIVE DE LA R&D REGIONALE
VI - 1 Chiffres clés de la R & D régionale

RELATIONS RECHERCHE- INDUSTRIE
I • ACTIVITE CONTRACTUELLE ENTRE LA RECHERCHE ET
L’INDUSTRIE DANS LE DOMAINE DES MICROTECHNIQUES
Les laboratoires publics de Franche-comté mènent une grande partie
de leurs recherches dans le cadre de contrats avec des entreprises
privées. Le volume total d’activités contractuelles de ces laboratoires
est de l’ordre de 7 MÛ par an avec une proportion de près de 60%
en microtechniques. Dans ce domaine, on peut citer des activités
contractuelles sur :
- Les microcomposants
- Les micro-nano systèmes
- Le micro-assemblage
- Les nanotechnologies
- La caractérisation et la nanométrologie
Les contrats des laboratoires de recherche avec le monde industriel
peuvent être menés de plusieurs façons :
- Convention directe avec l’industriel demandeur
- Contrat avec un grand organisme (CNES, DGA, INRS, ADEME, INRETS,
etc.) qui lui-même travaille pour l’industrie
- Contrat qui regroupe des partenaires de l’industrie et du monde
universitaire sous la maîtrise d’ouvrage d’un organisme ou de ministères
(comma dans le cas des réseaux de recherche)
- Contrat européen qui associe presque systématiquement des partenaires
industriels et des partenaires du monde universitaire
Les travaux effectués par les laboratoires de recherche dans le
cadre de contrats avec l’industrie sont de divers types :
- Mise au point de nouveaux procédés de traitement de surface :
Suivant les besoins variés exprimés par les industries mécaniques,
les industries électriques ou électroniques, ou encore l’industrie
du luxe, il est nécessaire de réaliser des revêtements dont les
propriétés peuvent avoir des caractéristiques variées (protection
contre la corrosion, augmentation de la dureté, amélioration de
l’aspect décoratif des couches minces utilisées). Pour cette raison,
de nouveaux types de revêtements sont étudiés en explorant l’apport
de nouveaux matériaux ou bien en explorant de nouvelles technologies
de dépôt pour améliorer leurs propriétés structurelles.
- Mise au point de nouvelles technologies
de microfabrication
En utilisant de nouvelles technologies de microfabrication, il est
possible de réaliser de nouveaux types de structures permettant
d’ouvrir la voie à des applications innovantes. Par exemple, l’utilisation
des technologies « MEMS » permet d’envisager de nouveaux types de
composants (micro-accéléromètres et micro-gyromètres, biopuces,
microsystèmes optiques ou acoustiques etc.), qu’il serait impossible
de fabriquer en utilisant les technologies traditionnelles.
De même les technologies de micro-moulage permettent de réaliser
des pièces tridimensionnelles très difficiles à réaliser autrement,
et pour des matériaux variés (plastiques, métaux, céramiques, etc.).
Des recherches portant sur des technologies radicalement nouvelles
ont été effectuées pour des industriels comme SAGEM,THALES,AXSUN,
SCHLUMBERGER. Des travaux de recherche visant à améliorer les procédés
« traditionnels » ont également été effectués pour le compte d’industriels
comme AUGE DECOUPAGE, IMPHY.
- Exploration de nouveaux concepts de composants
De nouveaux concepts de composants sont également explorés par les
laboratoires publics pour le compte d’industriels. Il s’agit par
exemple de nouveaux types de capteurs ou d’actionneurs pour des
applications variées qui concernent aussi bien la domotique que
les télécommunications, la défense, ou les technologies biomédicales.
On peut citer par exemple l’utilisation des structures à « cristaux
photoniques » pour réaliser de nouvelles fonctions de traitement
de l’information (filtrage sélectif accordable), ou encore l’utilisation
de nouveaux types de transducteurs. On peut également citer des
travaux sur les micro-piles à combustible qui utilisent des technologies
dérivées de la microélectronique. Des travaux de recherche de ce
type ont été effectués pour THALES MICROSONICS, FRAMATOME, MICHELIN,
PHOTLINE, AVENTIS PASTEUR etc.
- Exploration des possibilités d’utilisation
de nouveaux matériaux
L’utilisation des propriétés de matériaux nouveaux, ou bien l’utilisation
de matériaux non conventionnels pour améliorer les propriétés de
composants existants est aussi un défi important. On peut par exemple
citer l’utilisation de cristaux piézoélectriques innovants qui permettent
d’améliorer considérablement les performances d’oscillateurs ou
de capteurs. De même de nouveaux matériaux comme les alliages à
mémoire de forme permettent d’envisager la réalisation d’actionneurs
de hautes performances. De tels travaux ont été réalisés par exemple
pour SAGEM, TMX, TEMEX, HUTCHINSON, PSA....
- Exploration de nouveaux concepts de systèmes
Les microtechnologies permettent d’envisager la réalisation de systèmes
très innovants utilisant des réseaux de milliers de capteurs et/ou
des actionneurs. Par exemple, les systèmes distribués de contrôle
d’écoulements fluidiques en aéronautique permettraient de diminuer
considérablement la consommation et la pollution engendrée par les
avions. De même le contrôle actif de bruit acoustique par des multitudes
de micro-actionneurs permettrait de réduire efficacement les nuisances
sonores dans une automobile. On peut encore citer le temps-fréquence
avec la conception de micro-horloges atomiques pour des applications
de guidage / navigation, ou les micro-refroidisseurs de composants
électroniques. De tels travaux ont été effectués avec DASSAULT,
PHILIPS, SNECMA, THALES ELECTRON DEVICE, CRYOTECHNOLOGIES, etc.
- Métrologie de microcomposants et de microsystèmes
La métrologie de microcomposants et de microsystèmes est également
un problème important qui nécessite la mise au point de technologies
innovantes. En particulier, la caractérisation dimensionnelle des
microstructures est une nécessité pour développer des microcomposants.
En outre, il est nécessaire de mesurer les caractéristiques mécaniques,
électriques, thermiques ou optiques de structures microscopiques
ce qui pose des problèmes très difficiles. Des études ont été réalisées
pour cela dans le cadre de contrats avec l’Europe ou des grands
organismes publics (CNES, DGA), mais aussi avec des industriels
spécialisés comme FOGALE NANOTECH, ESSILOR, etc.
- Exploration de nouvelles technologies d’assemblage
La construction de véritables microsystèmes nécessite également
l’exploration de nouvelles technologies d’assemblage. En effet,
les composants sont si petits qu’ils sont très difficiles à manipuler
par des techniques traditionnelles. De tels travaux de recherche
sont effectués avec le monde de l’horlogerie ou de l’électronique.
II • PROJETS EUROPEENS
La participation en 2004 de la Franche-Comté à des REX, des Projets
Intégrés ou des projets INTERREG du 6ème PCRD est donnée par les
tableaux ci-dessous. Les projets dont le nom est indiqué en gras
sont des projets typiquement « Microtechniques ».
Liste des projets du 6ème PCRDT en cours dans les laboratoires
franc-comtois

Liste des projets Interreg III en cours dans les laboratoires franc-comtois

* les noms de projets en gras sont des projets sur le thème
des Microtechniques
Ces résultats montrent que plus de la moitié des contrats européens
franc-comtois ont pour thème les micro & nanotechnologies.
Ces chiffres confirment une excellente activité
en micro & nanotechnologies lors du 5ème PCRD : participation
à plusieurs réseaux d’excellence, à des contrats européens (25 pour
l’Université de Franche-Comté en micro & nanotechnologie dans le
5ème PCRD), et un grand projet INTERREG III
dans le cas du Laboratoire Européen Associé.
Dans le 6ème PCRD, en traitements de surface les contrats suivants
sont réalisés en partenariat avec la Franche-comté :
- EU-FP6 Project NANOCAPS, 2004 –2008 ”Nanocapsules for Controlled
Delivery of Chemicals”, NMP-001428
- EU-POLYMET, BRPR-CT97-0550, 1998-2002, « Improvement of adhesive
and corrosion resistance properties of electrogalvanized steel”
- EU- SILACOR, G5RD1-1999-11230, 2000-2004 « Nanometric silica as
a new treatment for the corrosion protection of steels and galvanized
steels”
La micromanipulation : la Franche-comté est partenaire de plusieurs
projets européens dont SYNCOPE (Système de Nano-manipulation dans
un microscope électronique à balayage).

Il faut remarquer par ailleurs que la participation à des contrats européens n’est pas uniquement due
aux universitaires : en effet, plusieurs sociétés privées sont aussi fréquemment associées à des contrats
européens, en particulier les sociétés IMASONIC, STATICE SANTE, et DIACLONE (voir ci-dessous).

III - LES STRUCTURES DE TRANSFERT EN
MICROTECHNIQUES
III - 1 L’Institut des Traitements
de Surface (ITSFC)
• Présentation
La région Franche-Comté, a une activité économique en traitements
de surface la situant au troisième rang national, elle s’est donc
dotée d’une structure spécifique de transfert entre la recherche
et l’industrie dans ce domaine.
L’Institut des Traitements de Surface de Franche-Comté
(ITSFC) est une organisation créee par plusieurs établissements
de formation et de recherche frnac-comtois, et qui a pour missions
de promouvoir la recherche tant fondamentale qu’appliquée, le transfert
de technologies, de procédés, de connaissances, et la formation.dans
le domaine des traitements de surface. Les compétences des laboratoires
universitaires associés au sein de cet Institut recouvrent, d’une
part, l’ensemble des techniques d'élaboration de revêtements par
voie sèche (PVD, CVD, projection thermique…) et par voie humide
(chimique, électrolytique) et, d’autre part, l’ensemble des moyens
de caractérisations structurales et fonctionnelles (corrosion, frottement,
usure, aspect).
Cette structure est dotée d’une interface unique
au service du tissu industriel franc-comtois, national et international.
Elle assure la synergie des acteurs du domaine des traitements de
surface au sein des trois établissements franc-comtois de tutelle.
Elle vise aussi à fédérer des partenaires industriels sur des actions
collectives dans le domaine des traitements de surface.
• Compétences de l’ITSFC
L’ITSFC maîtrise l’ensemble des procédés de traitement de surface
:
- Préparation des surfaces : nettoyage (lessiviel, laser, plasma…),
traitements chimiques, électrolytiques, traitements par voie mécano-chimique.
- Procédés de revêtement par "voie humide" : revêtements, conversions,
procédés chimiques ou électrolytiques (courant continu, courant
ou potentiel pulsé).
- Procédés de revêtements par "voie sèche" : revêtements pulvérisation
magnétron, évaporation (faisceau d’électrons, arc…), dépôt chimique
assisté par plasma, projection (plasma, arc électrique, flamme).
L’ITSFC propose également des activités de service
en caractérisation structurelle de revêtements. Les domaines d'investigation
concernent les propriétés : morphologiques (AFM, MEB, rugosité 3D…),
physicochimiques (SDL, chromatographie, FTIR…), structurales (DRX…),
mécaniques (indentation instrumentée, nanoindentation…), électrochimiques
(voltamétrie, impédancemétrie…), thermiques (DSC, TMA).
L’ensemble des méthodes de caractérisation fonctionnelle
des revêtements est également disponible dans les différentes composantes
de l’ITSFC : propriétés sensorielles (aspect, couleur, toucher),
propriétés thermiques (émissivité, conductibilité), propriétés électriques,
résistance à la corrosion (brouillard salin, enceinte climatique,
gaz corrosif), usure, frottement (tribomètres instrumentés), propreté
(mouillabilité, décharge couronne), adhérence (scratchtest, indentation,
nanoindentation…).
• Actions de l’ITSFC
Des recherches de pointe notamment sur l'utilisation de produits
issus de la biomasse pour le dégraissage, l'élaboration par procédé
PVD de couches nanocomposites, l'élaboration de matériaux précurseurs
(poudres de projection, cibles), la formulation de bains d'électrodéposition
respectueux de l'environnement.
Des actions d'appui technologique dans les entreprises
comme la mise au point et l’optimisation de procédés, l’expertise
(analyses, élimination de dysfonctionnements), conseils, les études
et la recherche appliquée, la veille technologique et l’information
(lettre Info'TS, journées techniques, colloques, …).
L’organisation d’un congrès international biennal
sur l’ensemble des problématiques rencontrées par le milieu industriel
et universitaire dans le domaine des traitements de surface, avec
des thèmes comme l’adaptation des procédés aux attentes environnementales,
les procédés d’élaboration et méthodes de contrôle, les revêtements
et traitements à fonction tribologique ou anticorrosion.
La mise en place de formations courtes dédiées aux
techniciens et ingénieurs sur des thèmes d’actualité, des procédés
d’élaboration ou des méthodes de caractérisation.
III - 2 L’Institut de Productique
(IP)
Depuis sa création en 1984, l’Institut de Productique
accompagne les entreprises manufacturières dans leur démarche d’amélioration
de leurs performances.
Son originalité réside dans la synergie obtenue par le regroupement
des partenaires dans une implantation commune, qui, en plus de leurs
missions d’origine, mènent des actions collectives dans le domaine
de la productique à destination des entreprises ; ces actions sont
de deux types, des actions dites industrielles, d’une part, et des
actions de recherche technologique, d’autre part.
L’Institut de Productique regroupe actuellement 62
spécialistes dans les différents domaines de la productique. Au
cours de l’année 2003, l’Institut de Productique a accompagné des
entreprises dans leur démarche d’amélioration de la performance
industrielle à travers différentes actions. Le montant des contrats
privés s’est élevé à 2,2 MÛ dont plus du tiers pour des entreprises
du secteur microtechnique.
L’Institut de Productique rend de réels services
aux entreprises franc-comtoises et a déjà démontré ses capacités
à intervenir pour des projets de conception et d’industrialisation
de produits microtechniques. Implanté au coeur de TEMIS, l’Institut
de Productique a décidé de développer ses activités liées à la productique
pour les entreprises microtechniques et devenir un des acteurs de
l’émergence et du développement des entreprises de ce pôle de compétitivité.
Les actions que les partenaires constituant l’Institut
de Productique se proposent de mettre en oeuvre concernent prioritairement
:
- L’accompagnement au développement de produits plus intégrés ;
en effet, beaucoup d'entreprises microtechniques sont spécialisées
dans la réalisation de composants élémentaires ou de petits sous-ensembles.
Le développement de l’activité microtechnique régionale ne pourra
connaître un réel essor sans l’émergence d’entreprises réalisant
l’intégration des différents savoir-faire.
Cela peut être obtenu par l’implantation de donneurs d’ordres, mais
également par le développement d’une offre nouvelle. Ce dernier
point nous semble un axe de développement intéressant et l’Institut
de Productique se propose de mettre en oeuvre une démarche visant
à la définition d’une offre produits, centrée sur le thème des produits
microtechniques portés et permettant l’intégration des savoir-faire
régionaux.
- Le développement d’une offre de service, spécialisée
en productique microtechnique. En effet, l’optimisation des flux
de production, des opérations de fabrication et des tâches d’assemblage
nécessite des connaissances particulières liées principalement à
la taille des produits et à la précision exigée. Afin de pouvoir
répondre aux attentes des industriels du secteur microtechnique,
l’Institut de Productique souhaite développer ses compétences spécialisées.
l’Institut de Productique souhaite proposer une expertise
technique liée à la production des produits microtechniques. Les
compétences actuelles dans ce domaine portent principalement sur
la robotique de précision et la micromanipulation. Des travaux importants
sont en cours sur le thème du micro assemblage. L’expertise technique
devra également inclure des compétences en fabrication. L’institut
de productique pourra, soit être un relais entre des plateformes
technologiques existantes et les industriels, soit être lui-même
plateforme technologique pour des procédés entrant dans le champs
de compétences des entités qui le composent.
III - 3 Le Centre de Transfert
en Micro et Nano technologies (CTMN)
• Présentation
Le CTM comportait 10 à 12 personnes dont la moitié de salariés du
secteur privé. Il a également été l’antenne régionale des programmes
JESSICA et du réseau RMNT, pilotés par les ministères de la recherche
et de l’industrie. Au cours de son existence, il a mené diverses
actions de transfert (connectorisation de fibres optiques avec RADIALL
par exemple), et a assuré de nombreuses prestations de service ciblées
sur les Microtechniques. Divers brevets ont été déposés, soit par
le CTM lui-même (micro-capsule intestinale, moteurs piezoélectriques
par exemple), ou bien par des industriels partenaires qui souhaitent
maintenir une certaine confidentialité. Son budget était de l’ordre
de 1 MÛ par an dont la moitié de contrats privés, et l’autre moitié
de subventions des collectivités territoriales. Comme le statut
du CTM lui posait quelques difficultés de développement, il a été
restructuré en 2004 pour donner naissance au CTMN (Centre de Transfert
des Micro et Nanotechnologies) qui est maintenant une association
loi de 1901.
Les missions du CTMN sont clairement orientées vers le transfert
des technologies issues des organismes de recherche, ainsi que le
développement de méthodes de caractérisation, et la diffusion de
nouvelles technologies dans le milieu industriel. Il est à ce titre
légitime de le considérer comme l’organe de transfert du pôle microtechnique
tel qu’il est défini dans le contrat de plan Etat-Région.
Ses activités, telles qu’elles étaient dans le GIP CTM, comportent
une part importante de contrats avec des centres de recherche nationaux
et régionaux, des grandes entreprises internationales et nationales
mais aussi des PME dont la moitié sont des régionales (environ 30
% des contrats et ce nombre est en progression régulière). Les projets
reprennent ce volant d’activité principalement au titre des axes
intitulées « actionneurs, salle blanche, nano-polissage et hot embossing
». Des orientations nouvelles concernent l’organisation d’un atelier
pilote, la prise en compte des projets technologiques dans les PMI
et la réflexion autour de la constitution d’un pôle de micro-métrologie.
L’ensemble de ces orientations sont bien adaptées aux besoins du
tissu des PMI régionales du secteur des microtechniques. NB : le
CTM est l’antenne régionale du Réseau Micro et Nanotechnologies
(RMNT).
Les moyens techniques sont hérités du CETEHOR, puis
du CTM d’une part, et d’autre part ceux que les laboratoires bisontins
des microtechniques mettent à disposition des activités de transfert.
Les moyens en personnel qui sont actuellement de 4 personnes seront
plus que doublés pour atteindre 8,5 personnes pendant l’année 2005.
La nouvelle orientation choisie par le Président du CTMN est de
recruter des jeunes diplômés susceptibles de s’intégrer dans le
milieu industriel à l’issue d’une période de 5 ans passée au CTMN.
Cette politique implique donc une orientation et une formation interne
des personnels assez importante, elle accentue par ailleurs la mission
de transfert qui est dévolue au centre.
• Actions en cours
Diverses actions thématiques ou structurantes sont actuellement
menées au sein du CTMN :
1 – Hot embossing : (emboutissage à chaud de plaques de polymère)
les travaux consistent à développer une technique de double embossing
et à travailler à plus haute température.
2 – L’atelier pilote : il est constitué d’une scie micronique, d’une
machine de micro-injection, d’une machine à électo-érosion à fil
très fin, et à terme d’un laser femto-seconde. Un technicien sera
responsable de leur fonctionnement, de l’accueil des industriels
et de leur personnel en formation.
3 – Projets technologiques des PME : afin de porter des projets
innovants pour un temps limité. Le CTMN assure le recrutement, l’encadrement,
l’examen des projets et une partie du financement.
4 – Le pôle de métrologie : il s’agit pour l’année 2005 de préparer
la mise en place d’outils pouvant constituer la création d’un pôle
de métrologie pour les pièces de petite dimension, en partenariat
avec le LNE et des industriels régionaux, MECASEM et DIGITAL-SURF).
5 - Le chargé d’affaire : un ingénieur à recruter aura une mission
commerciale en faveur des membres de l’association, la recherche
de nouveaux partenaires et clients du CTMN et sa représentation
dans les instances et réseaux RMNT.
6 – La veille technologique : dans le domaine des micro et nanotechnologie
avec l’émission d’une lettre d’information. Le recours à un spécialiste
extérieur est envisagé. L’indicateur d’impact sera le nombre de
contrats réalisés avec des PME régionales, l’objectif étant d’au
minimum 10 contrats.
IV • UN LABORATOIRE COMMUN AVEC L’INDUSTRIE
: LE LPMX
- Description du LPMX
Une partie de l’équipe « Acoustique et Microsonique » du LPMO a
formé en juillet 1996 un laboratoire commun avec la société « Thomson
Microsonics », qui a maintenant été rachetée par le société TEMEX.
Cette société avait en effet besoin d’un partenariat solide en recherche
au moment où le marché des téléphones portables était en explosion.
Les compétences du LPMO en acoustique ont permis d’épauler efficacement
TMX au moment où son effort était totalement dédié à la production
de filtres acoustiques à ondes de surface (filtres SAW) qui sont
des composants clés des téléphones portable. Après le rachat par
TEMEX, l’effectif de ce laboratoire a un peu diminué.
- Ressources humaines :
6 personnes au total en 2004 (3 chercheurs ou ingénieurs de FEMTO-ST
et 3 ingénieurs du service recherche de la société TEMEX).
- Budget annuel : le LPMX
est financé à hauteur de 600 kÛ par an avec une partie « récurrente»
(environ 200 kÛ pour FEMTO-ST et 200 kÛ pour TEMEX). A cela s’ajoutent
des contrats externes (européens en particulier), permettant d’obtenir
un « volume d’affaires » de l’ordre de 200 kÛ par an.
- Productions du LPMX
Outre diverses publications, le LPMX est à l’origine de :
- 6 brevets, qui ont été déposés par TMX au titre du laboratoire
commun.
- De nombreux contrats (GAPOCRYST, OASIS, UMIC, LASAW). La plupart
sont des contrats européens ou des contrats accordés par les réseaux
de technologie (RMNT, RNTS, etc.)
4 contrats d'accompagnement de thèse ou de post-doc (Y. Fusero,
T. Pastureaud, F. Edoa, A. Soufyane).
- Une bourse CIFRE a été demandée dans le cadre du LPMX : T. Pastureaud.
- 6 Thèses ont été soutenues dans le cadre du LPMX : T. Pastureaud,
P.Ventura, A. Bidard, S. Camou, E. Henry-Briot,Y. Fusero.
- Par ailleurs, M. Solal, ingénieur de TMX, a pu soutenir une Habilitation
à Diriger des Recherches (HdR) par l’intermédiaire de sa participation
au LPMX.
V • LA CREATION D’ENTREPRISES
L’institut FEMTO-ST est à l’origine de 6 entreprises
régionales, dont certaines se sont développées à l’échelle nationale.
Si on ne considère que le domaine des microtechniques, on peut considérer
que FEMTO-ST est à l’origine de 4 entreprises dont l’activité est
directement liée aux microtechniques (il s’agit des 4 premières
qui sont citées ci-dessous)
V - 1 PHOTLINE Technologies (composants
opto-électroniques)
Cette entreprise issue du département LOPMD de FEMTO-ST fabrique
des produits d’optique intégrée issus directement des microtechnologies
sur substrat Niobate de Lithium développées à FEMTO-ST.
« PHOTLINE Technologies » est une société créée en
septembre 2000 par Henri Porte, Pascal Mollier et Jérôme Hauden,
trois chercheurs et enseignants chercheurs du LOPMD (département
d’Optique de FEMTO-ST). L'objectif initial de cette création d'entreprise
a visé le transfert de technologie développée au sein de ce laboratoire
dans le domaine industriel afin d'introduire une nouvelle génération
de modulateurs électro-optiques à base de niobate de lithium destinée
notamment au marché des télécommunications optiques. Les produits
et applications visées concernent principalement le marché des modulateurs
à 10 Gb/s et 40 Gb/s destinés aux systèmes de transmissions très
hauts débits, longue et moyenne distance.
Aujourd'hui, PHOTLINE propose l'ensemble des solutions
pour la modulation optique ultra-rapide jusqu'à 40GHz basée sur
la technologie du niobate de lithium, à toutes longueurs d'onde
(1550nm, 1310nm, 1064 nm), de tout type (phase, intensité) et associées
au moyens électroniques d'amplification (drivers) et d'asservissement
(Modulator Bias Controller).
L'équipe de PHOTLINE est constituée d'une douzaine
de personnes réparties sur deux sites sur Besançon, sur la campus
de la Bouloie pour la partie administration, conception, technologie
et fabrication d’une part, et rue Lavoisier dans la zone des Tilleroyes
pour le montage et le laboratoire de tests, mesures, qualification
et développements systèmes d’autre part. PHOTLINE assure un chiffre
d’affaires de l’ordre de 1 MÛ/ an.
La technologie de la société est basée sur un brevet
fondateur déposé en novembre 2000 par le CNRS au moment de la création
de l'entreprise. Ce brevet a fait l’objet d’une collaboration avec
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